Une insulte à l'intelligence

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Régis Labeaume

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Le Soleil

(En réaction à la chronique Les indexations dans le tordeur de François Bourque)

J'ai lu avec intérêt votre chronique concernant la suspension de l'indexation automatique de la rente des retraités de la Ville de Québec au 31 décembre 2013, et l'abolition de l'indexation automatique des rentes qui seront versées aux participants actifs à leur retraite. 

Je suis d'accord avec vous pour dire que monsieur le maire «a cherché à minimiser l'impact de cette réforme pour les retraités et les employés». Je suis aussi de votre avis quand vous écrivez que son analyse est courte et un peu insultante. Mais, personnellement je dirais très insultante pour ne pas dire simpliste. C'est une insulte à l'intelligence des gens.

Monsieur le maire sait très bien que les employés ont payé cette indexation à même leur cotisation salariale, et que les rentes ne seront indexées à l'avenir que lorsqu'une évaluation actuarielle révélera un excédent d'actif. Faut-il rappeler à monsieur le maire que les professionnels de la Ville de Québec, notamment, ont déjà accepté il y a plusieurs années (en 2005) de payer, entre autres, une cotisation plus élevée pour protéger leur pouvoir d'achat à la retraite. Aujourd'hui, on leur enlève ce qu'ils ont payé. Comment le maire peut-il dire : «Ils ne payent rien de leur poche pour payer leur dette»? 

Il sait très bien également que les réserves à mettre en place en vertu de la loi devront avoir atteint une certaine valeur avant que l'indexation ne soit rétablie, fort possiblement pas avant plusieurs années. 

En présumant une indexation similaire à un IPC (indice des prix à la consommation) moyen de 2 % sur une période de 15 ans (période accordée à l'employeur pour payer sa part du déficit), un retraité qui bénéficie d'une rente de 35 000 $, rente moyenne des retraités à la Ville de Québec, aura perdu 10 784 $ après 5 ans, 40 905 $ après 10 ans et 92 375 $ après 15 ans. Même avec une indexation de la rente d'aussi peu que 0,5 % (2 % - 1,5 %), soit le taux utilisé par monsieur le maire dans le cadre de sa présentation, la perte demeure relativement significative, soit de 2642 $, de 9770 $ et de 21 498 $ sur les mêmes périodes. Il faut comprendre que la perte sera encore plus grande si la période de suspension est supérieure à 15 ans ou si la rente est plus élevée. À titre d'exemple, la perte sera de quelque 105 000 $ après 15 ans pour une rente de 40 000 $. Comment le maire peut-il dire que «c'est peu d'argent pour eux»? 

Lors de sa participation aux consultations particulières sur le projet de loi 3, le 20 août, monsieur le maire a aussi cherché à minimiser l'impact de la loi, notamment en affirmant ce qui suit devant les membres de la Commission de l'aménagement du territoire, chargée d'étudier le projet de loi, et ce, sans aucune explication.

«Cependant, et c'est très important de le souligner, dès 2017, soit dans moins de trois ans, les retraités de trois des six régimes de retraite de la Ville pourraient voir leurs rentes pleinement indexées des pourcentages d'indexation de 2014, 2015 et 2016. Les retraités d'un quatrième régime bénéficieraient quant à eux d'une indexation partielle. Pour les deux autres régimes, cette indexation pourrait être rétablie concrètement dans moins de six ans.» (page 3 de son allocution)

Comme vous le mentionnez également dans votre article, outre d'autres motifs d'ordre légal, la perte substantielle que subiront les retraités actuels et futurs, qui précarisera leur situation financière au fil des années, aide à comprendre pourquoi la loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal doit être contestée devant les tribunaux. 

Monsieur le maire ne semble malheureusement pas vouloir reconnaître que, loin d'exercer une ponction sur la société, les retraités représentent un apport économique et culturel important pour la Ville de Québec et sa région. 

Michel Plante, vice-président de l'Alliance des professionnels et des professionnelles de la Ville de Québec

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