Éducation: des coupes aux conséquences désastreuses!

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Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc

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Le Soleil

(Lettre à Yves Bolduc, ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport)

Depuis l'automne 2014, mes collègues et moi suivons avec intérêt les différentes positions que vous et vos collègues adoptez ainsi que les coupes qui s'y rattachent. Évidemment, les dossiers concernant le monde de l'éducation nous intéressent, étant des employés de la commission scolaire de Portneuf. Êtes-vous sérieux lorsque vous dites que les coupes demandées aux commissions scolaires peuvent se faire sans toucher aux services aux élèves? (Le Devoir du 16 janvier 2015)

Oser émettre une telle affirmation, c'est être complètement déconnecté de ce qui se passe dans les écoles du Québec! Vos nouvelles demandes vont créer dans plusieurs milieux des conséquences désastreuses pour les élèves... Tous les élèves!

Votre position strictement comptable oblige les dirigeants de notre commission scolaire à prendre des décisions malheureuses. Par exemple, on nous a annoncé dernièrement le retrait d'un groupe particulier de notre école (École secondaire de Donnacona), visant à permettre à des élèves n'ayant pas les acquis nécessaires pour entreprendre d'une bonne façon le secondaire de faire une année de mise à niveau. On nous dit que ces élèves auront accès à ce service en poursuivant leur cheminement scolaire à Saint-Raymond.

C'est donc dire que les parents auront à choisir pour leur enfant (de 12 ans) soit de parcourir jusqu'à une centaine de kilomètres par jour pour être dans un groupe particulier (bravo pour l'insécurité créée chez ces enfants) ou de poursuivre en intégrant un groupe régulier à Donnacona. Croyez-vous sincèrement qu'ils pourront suivre la cadence dans un groupe régulier? Répondre oui à cette question serait faire preuve d'incompétence! Avez-vous déjà réfléchi au possible comportement qu'adopte un élève qui ne croit plus à sa réussite? À son estime personnelle? Même avec les meilleures intentions du monde, il sera impossible d'accompagner ces élèves vers la réussite sans nécessairement ralentir la cadence et ainsi nuire aux élèves éprouvant moins de difficultés.

Monsieur Bolduc, vous connaissez sûrement l'existence d'un document liant les commissions scolaires à votre gouvernement : la convention de gestion. Ce document est toujours en vigueur (à moins que vous ayez oublié de nous prévenir) et a pour objectif d'augmenter la réussite de nos élèves. À moins de diminuer les exigences pour l'obtention d'un diplôme, vos coupes abusives viennent empêcher tout espoir de voir ce souhait se réaliser.

Ayez au moins le courage d'annoncer la fin de cette entente et du même coup de cet objectif d'augmentation de réussite. Annoncez donc également votre désir de voir plus de parents inscrire leur enfant au privé et ainsi, participer un peu plus au financement du secteur de l'éducation. On penserait presque que vous envisagez une structure impliquant un partenariat public privé!

Vous tentez depuis plusieurs semaines de convaincre la population que les enseignants peuvent en faire plus. Vous et votre gouvernement, ayez au moins la décence d'être honnêtes! Vous utilisez les présentes négociations pour faire connaître vos arguments démagogiques. Alors que le gouvernement a déjà reconnu qu'un enseignant travaille un minimum de 40 heures par semaine, vous suggérez qu'il augmente son temps de travail à l'école de 32 à 35 heures par semaine. Pas besoin d'un dessin pour comprendre la stratégie!

N'ayez crainte, Monsieur Bolduc, cette lettre est la première et la dernière que je vous écris. Comme bien des collègues, je réfléchis présentement à la possibilité de quitter le monde de l'éducation, car je ne vois pas comment je pourrais encore une fois accepter d'augmenter ma tâche. Je n'en aurai pas la capacité physique et psychologique.... Malheureusement, je cherche toujours les 250 000 emplois de qualité que vous avez promis... La bonne nouvelle, c'est que, si nous trouvons un autre emploi, vous ferez des économies, car nous sommes plusieurs à avoir atteint le plafond salarial...

Espérant que vous retrouviez un souci pédagogique.

Pierre Doré, enseignant,

président du comité consultatif

École secondaire de Donnacona

Donnacona

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