La formation dans la fonction publique : dépense ou investissement?

Dans la fonction publique du Québec, la formation... (Photo Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil)

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Dans la fonction publique du Québec, la formation continue est considérée comme un avantage consenti aux employés et une dépense compressible, non pas comme un investissement productif.

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Les employeurs les plus performants ont compris que la formation n'est pas une dépense, mais plutôt un investissement productif et un levier d'accroissement de la performance. Hélas, le gouvernement du Québec emprunte la voie opposée.

Dans la fonction publique du Québec, la formation continue est considérée comme un avantage consenti aux employés et une dépense compressible, non pas comme un investissement productif.

De fait, dans le cadre de son chantier de rénovation de l'État québécois, annoncé le 25 novembre 2014 et visant à faire plus et mieux avec moins à l'interne, le gouvernement demande aux ministères et organismes (M/O) « de ne pas autoriser au-delà du 1 % exigé par la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre les dépenses en formation et requérir leur autorisation par le sous-ministre ou le dirigeant d'organisme ».

Selon une étude réalisée par Moktar Lamari de l'École nationale d'administration publique (ENAP), qui s'appuie sur une revue de littérature intégrative de plus de 72 études publiées sur le sujet, un investissement planifié en formation continue dans les organisations gouvernementales s'avèrerait rentable et essentiel à l'accumulation du capital humain.

Parmi les principaux enjeux liés à la formation dans la fonction publique, M. Lamari mentionne les nombreux départs à la retraite de « compétences » au cours des prochaines années. En l'absence de mécanismes efficaces de transmission et de renforcement de ces savoir-faire, ces départs pourraient causer une importante perte de savoirs et d'expertises stratégiques.

Pour plusieurs M/O, la formation s'avère fondamentale pour le maintien et le développement de leur expertise, surtout dans le contexte de nombreux départs à la retraite réalisés et à venir. Depuis le récent dépôt patronal le 17 décembre 2014, des modifications importantes apportées au régime de retraite des employés du gouvernement du Québec contribueront à accélérer davantage l'exode de l'expertise.

En considérant les exigences du président du Conseil du trésor, on se demande comment certains M/O pourront maintenir et développer leurs expertises s'ils doivent réduire considérablement leurs dépenses en formation, actuellement supérieures à 2 % de la masse salariale de ces M/O.

Le 25 novembre 2014, de concert avec la limitation des frais de formation, le gouvernement annonçait qu'il « souhaite aussi réduire de façon significative la dépendance contractuelle donnée à l'externe ». À ce sujet, plusieurs récents documents produits par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), dont son mémoire déposé à la commission Charbonneau, ont démontré la grande dépendance du gouvernement du Québec envers la sous-traitance dans des domaines stratégiques comme le génie et les technologies de l'information.

Le développement et le maintien d'une expertise interne par le biais de l'embauche et de la formation demeurent un rempart important pour contrer la sous-traitance, dont les coûts moyens sont souvent deux fois supérieurs à ceux des travaux réalisés à l'interne dans les technologies de l'information.

Dans le cadre du renouvellement des conventions collectives, le SPGQ propose de soutenir davantage le développement des compétences en augmentant le nombre de jours de formation.

Dans l'article de Moktar Lamari cité auparavant, l'auteur conclut que « la formation continue des fonctionnaires ne doit pas être une variable d'ajustement et de compression dans les processus de réduction des déficits budgétaires. Elle doit figurer du côté des solutions pour la lutte contre le déficit et constituer des leviers de performance pour générer de la valeur, améliorer les services et ultimement réduire les déficits publics. » Le SPGQ est convaincu que cette vision de la formation serait beaucoup plus efficace, rentable et profitable pour les contribuables du Québec.

Richard Perron, président

Pierre Riopel, conseiller à la recherche

Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec

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