Le cancer extrémiste

Une femme tient une affiche «Je suis Charlie» où... (AFP, Angelos Tzortizinis)

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Une femme tient une affiche «Je suis Charlie» où le nom des 12 victimes du journal Charlie Hebdo est inscrit.

AFP, Angelos Tzortizinis

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Le Soleil

J'écris ce matin non pas en tant que Canadienne, ni en tant que Québécoise et pas même en tant que Musulmane, j'écris ce matin en tant qu'être humain.

Quand je regarde les derniers mois, voire les dernières années, je ne comprends pas. On ne parle que de Musulmans, que de mesures répressives, que d'explosions, que d'attentats et j'ai l'impression qu'on oublie l'élément le plus important dans tout cela : les victimes.

Lors du malheureux attentat survenu au siège social du Charlie Hebdo, à Paris, les réseaux sociaux débordaient de débats haineux, de commentaires négatifs, d'insultes et de racisme, mais personne n'a pris la peine d'écrire ses sympathies aux familles des victimes, pas un seul ne s'est dit qu'il faudrait peut-être remettre les chicanes à plus tard et faire preuve d'un minimum d'empathie. C'est exactement ce que veulent ces barbus extrémistes : ils veulent faire parler d'eux et, élément encore plus important, ils cherchent à détruire l'image des Musulmans en Occident et à alimenter les conflits entre ces derniers et le reste des civils.

Il est vrai que les caricatures publiées par le journal français étaient provocatrices et parfois blessantes pour certains, mais ce n'est pas une raison pour se voiler les yeux et se détourner les oreilles de ce qui s'est passé : je viens d'une famille musulmane et je n'appuierai jamais un acte de cette sorte, pas plus que ma mère ou ma soeur ne le feront. Après tout, des individus ont été tués de la manière la plus répugnante qui soit et ce n'est qu'humain de le dénoncer. Notre ennemi est commun, ces barbares ne sont pas les amis du Moyen-Orient ni celui des Québécois Musulmans : tout comme les fanatiques religieux de l'État Islamique s'acharnent à attaquer le Sud-Liban, ma terre natale, ils s'acharnent sur le reste du monde.

Arrêtons de parler des dessins de Charlie Hebdo, parlons plutôt de compassion et de support, parlons de la menace grandissante que sont ces fanatiques et des actions pour les combattre. Ce qui s'est passé en France, tout comme ce qui s'est passé en Australie il y a quelques semaines, ou même l'incident d'Ottawa sont des événements qui ne représentent aucune nationalité et aucune confession : ces atrocités ne sont pas canadiennes, elles ne sont pas chrétiennes, ni même françaises ou musulmanes, ce sont des sauvageries commises par des individus dénués de toute valeur et de toute humanité. L'Afrique combat l'Ébola, nous combattons l'extrémisme, la plus vilaine forme de cancer.

Rima Demanins, étudiante à l'Université de Montréal

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