Devant l'horreur, que faire? Résister!

La caricature montrant un Mahomet hilare qui dit... (AFP, Martin Bureau)

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La caricature montrant un Mahomet hilare qui dit «100 coups de fouet si vous n'êtes pas morts de rire» a été diffusée partout dans le monde.

AFP, Martin Bureau

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Le Soleil

Solution simple et difficile à la fois. Les terroristes de tous bords cherchent à faire peur, à imposer leurs idées par la peur, la terreur. Décapitations sur Internet, avions dans le World Trade Center et maintenant massacre dans la rédaction de Charlie Hebdo. Sans parler des enlèvements, de la torture, des viols et des bombardements à distance, par roquettes ou drones interposés.

Il faut d'abord aider les victimes et arrêter les coupables pour les juger, c'est évident. Puis il faut minimiser les risques de nouveaux attentats, car l'appui nécessaire des citoyens sera impossible s'ils ne se sentent pas rassurés.

Mais au-delà de ce minimum de justice et de sécurité, comment faire face à cette menace terroriste de plus en plus multiforme et sans frontière? Si l'attaque horrible contre des journalistes et dessinateurs satiriques est clairement une attaque contre la liberté d'expression et la démocratie, peut-on se permettre de la qualifier, comme certains n'ont pas hésité à le faire, de «déclaration de guerre»?

Car comment répond-on, spontanément, à toute déclaration de guerre? Bien trop souvent, hélas, par le réflexe pavlovien de «l'entrée en guerre»! Et c'est justement, selon moi, la dernière chose à faire.

Pourquoi ne pas déclarer la guerre, à notre tour, à ces «barbares», ces «ennemis de l'humanité»? D'abord parce que ce serait leur donner raison: ils veulent une guerre à finir pour imposer leurs vues et ils auraient réussi à nous entraîner malgré nous sur leur terrain.

De plus, parce que ce serait nous abaisser à utiliser les mêmes moyens (violence, répression, torture) que nous condamnons chez eux, en violation de la plupart des principes que nous prétendons défendre comme nos valeurs les plus précieuses (droits humains, État de droit, liberté, démocratie). Mais surtout parce que la guerre et la violence n'ont jamais constitué une solution véritable et durable aux problèmes, aux violences ou aux guerres qu'elles prétendaient régler (et l'Histoire très récente ne peut pas en fournir d'exemples plus concluants: regardez nos trois plus récentes «guerres» victorieuses en Afghanistan, en Irak et en Lybie!)

Cela signifie-t-il rester passifs en attendant des jours meilleurs? Bien sûr que non! Résister est tout le contraire de la passivité, tout comme la non-violence bien comprise. Résister veut dire nous donner les moyens de nous tenir debout, ensemble, solidaires et sans peur.

Résister veut dire continuer à vivre sans nous laisser dicter nos attitudes et nos choix par cette peur que les terroristes voulaient justement nous imposer. Résister veut aussi dire résister à nos désirs de vengeance, à la facilité des raccourcis et des amalgames, à la recherche de boucs émissaires. Car résister veut surtout dire arriver à rester ouverts à l'autre, à construire des ponts plutôt que des barrières, à aimer au lieu de haïr. Oui, apprendre à aimer l'autre, le différent, le musulman. Car aucune autre solution que l'amour, au sens le plus exigeant et profond du terme, ne pourra jamais répondre efficacement à l'horreur.

Dominique Boisvert, Scotstown

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