La culture scientifique a pris sa place!

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L'éditeur des Publications PLD, Félix Maltais, derrière Les débrouillards, Les explorateurs et Curium.

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Le Soleil

Je retiens plusieurs points positifs de ce «vendredi noir de la culture scientifique» qui s'est transformé en «dimanche rose» avec la décision non équivoque du ministre Jacques Daoust! Et avec la sincère «profession de foi» scientifique du premier ministre Philippe Couillard mardi soir à Radio-Canada, on peut dire que la crise est terminée.

1- L'appui populaire à la culture scientifique a été incroyable! Il s'est manifesté surtout pour Les Débrouillards, parce que c'est la coupe à notre organisme qui a été rendue publique la première et parce que ce magazine (et tout le mouvement éducatif des Débrouillards) est une véritable icône de la culture scientifique. Partout au Québec (et même outre frontières, avec par exemple l'article de M. Hubert Reeves dans Le Point, en France), on a vu une vague, que dis-je un tsunami de témoignages d'appui, qui nous ont ravis et fortement émus. Parents, enseignants, enfants, grands-parents, tous étaient outrés et nous offraient leur soutien. Je n'oublierai jamais cette petite fille avec ses magazines autour d'elle et une pancarte qui disait: «Je veux devenir une scientifique plus tard. Merci les Débrouillards.» Ou ce garçon qui nous offrait 20 $ de son argent de poche... Nous avons dès lors commencé à croire que nous réussirions à faire reculer, ou plutôt à faire avancer le gouvernement. À tous ces gens, mille mercis.

2- Cet appui s'est surtout manifesté via les réseaux sociaux, que notre équipe a alimentés, mais la plupart des initiatives ne venaient pas de nous (pétitions, mot-clic #SansLesDebrouillards, etc.)

3- Les grands médias ont joué un rôle important en traitant cette nouvelle à la Une. Ils ont vu tout de suite l'intérêt de la population pour Les Débrouillards et les autres organismes coupés et en ont abondamment parlé. Rien de tel pour amener un gouvernement à réaliser son erreur!

4- Les organismes de culture scientifique ont fait preuve d'une grande solidarité et chacun a défendu la cause dans son ensemble, en plus de son propre organisme. Oui, les projecteurs ont été dirigés sur les «marques» les plus connues, comme Les Débrouillards et les Expo-sciences, mais les autres organismes touchés (Agence Science-Presse, Acfas, Science pour tous...) ont été entendus eux aussi. Notre regroupement ad hoc a roulé fort et vite et va continuer de le faire.

5- Je ne vais pas ici défendre chaque subvention en culture scientifique. Mais je ne peux m'empêcher de dire que les magazines (Québec Science et les nôtres) sont très peu subventionnés par Québec (sans oublier que plusieurs magazines ne reçoivent aucune aide financière du gouvernement). Pour nous, ça représente quatre sous par lecteur! C'est très peu en comparaison avec les subventions aux autres publications ou activités culturelles au Québec. Mais c'est une aide essentielle pour maintenir la qualité de nos produits et assurer leur développement, comme créer un magazine science-techno-société pour les ados, qui n'avaient aucun magazine de contenus à se mettre sous la dent... Dois-je rappeler aussi que l'industrie du magazine a été fort ébranlée depuis deux ans, d'abord par une belle «taxe québécoise à la récupération» (un déboursé de 50 000$ pour nous en 2012, et 16 000$ par année depuis), puis par la faillite des messageries Benjamin (perte de plusieurs dizaines de milliers de dollars pour nous)?

6- Il y a eu quelques réactions négatives face à nos subventions reconduites, venant de commentateurs politiques connus de droite. Nous les avons en général ignorés. Comment discuter avec des gens qui ne font pas la différence entre les comics de Marvel et nos magazines éducatifs? Qui s'insurge contre les subventions à la culture, mais ne dit rien quand une multinationale reçoit 300 millions de dollars du gouvernement sur son projet d'investissement d'un milliard? Leur culture scientifique (même en sciences économiques!) est pour le moins incomplète...

7- Cette crise aura eu le mérite de mettre la culture scientifique et certains organismes moins connus du grand public «sur la carte». Une belle visibilité pour tous. Chez nous, les abonnements ont explosé en fin de semaine!

J'espère surtout qu'après le gouvernement, les dirigeants d'entreprises accepteront de mettre eux aussi l'épaule à la roue. Tous reconnaissent l'importance d'intéresser les jeunes aux sciences, pour la société et aussi pour leur entreprise qui a besoin de main-d'oeuvre en sciences, mais très peu ouvrent leurs goussets pour aider les organismes de culture scientifique. N'est-il pas temps que ce Québec inc. contribue à la relève scientifique et pour l'avènement d'une société «scientifiquement lettrée»?

Félix Maltais, éditeur, Les Explorateurs, Les Débrouillards et Curium

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