La farce de l'agglomération a assez duré

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Le maire de Saint-Augustin, Marcel Corriveau

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Pour une septième année consécutive, le budget de la Ville de Québec fut un jour noir pour l'agglomération et la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures. Une fois de plus, M. Labeaume nous a fait la démonstration d'une chose : la structure de l'agglomération ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais.

Lorsque le maire de Québec limite la hausse du compte de taxes des citoyens de Québec au niveau de l'inflation, il remplit son engagement électoral grâce à une augmentation significative et arbitraire de la quote-part aux frais des contribuables de Saint-Augustin. Autrement, il n'y arriverait jamais. Au gré de manoeuvres comptables qui ne sont jamais documentées et malgré les 300 questions que nous avons formulées à l'agglomération dont 90 % sont demeurées sans réponse, la Ville de Québec joue dans les colonnes de dépenses pour soutirer le maximum de revenus aux villes liées. 

Résultat: en comptabilisant les factures que la Ville de Québec nous a refilées en cours d'année sans aucun préavis ni discussion, la hausse de la quote-part sera de 13 % cette année, faisant grimper la facture totale à 25 millions $ pour 2015. Depuis 2008, la quote-part a bondi de 111 %, soit huit fois plus que le niveau d'inflation sans que le niveau de services n'ait bougé d'un iota!

Pendant ce temps à Montréal et Longueuil, des municipalités qui fonctionnent également avec une agglomération, l'ajustement moyen de la quote-part des villes liées atteint respectivement 31,2 % et 29 % entre 2008 et 2015, très loin du 111 % qui paralyse Saint-Augustin-de-Desmaures.

Par ailleurs, cette quote-part fracasse maintenant 55 % de notre budget de fonctionnement. Plus encore, elle nous étrangle financièrement et nous menotte dans notre liberté de choix et dans notre capacité d'agir. À ce rythme, elle atteindra 67,2 % de notre budget en 2024.

C'est devenu carrément inacceptable, injustifiable, irresponsable, intenable et indécent.

Nous sommes d'avis que les discussions entourant la reconnaissance d'un statut particulier pour la capitale nationale que le gouvernement du Québec négocie actuellement avec la Ville de Québec constituent une occasion privilégiée pour régler, une fois pour toutes, une situation intenable. 

C'est pourquoi, en septembre, nous avons rencontré le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau, lui demandant de solutionner durablement cette problématique. Le message au ministre était sans équivoque : il faut régler le problème, car le statu quo n'est plus acceptable. 

Nous avons fait part au ministre de pistes de solution. Nous attendons de sa part qu'il prenne les décisions qui s'imposent. 

Dans les dernières heures, le maire de Québec se défend. Il prétend appliquer une formule 

«mathématique» complexe pour déterminer le montant de la quote-part. Pourtant, pour le compte de taxes résidentielles, la formule est très simple : l'indexation. Pourquoi les municipalités regroupées au sein de l'agglomération n'auraient-elles pas droit au même traitement? De toute évidence, Montréal et Longueuil semblent avoir adopté cette approche.   

À chaque année, que ce soit en comprimant nos dépenses, en liquidant des actifs ou en misant sur la vente de terrains à vocation commerciale et industrielle - des revenus non récurrents - nous avons réussi à boucler le budget sans que les contribuables assument le réel impact de la quote-part sur leur compte de taxes. Mon administration l'a fait, croyant que cette situation serait temporaire et qu'elle tendrait à se stabiliser. 

Aujourd'hui, après avoir versé plus de 144 millions $ à l'agglomération, ce n'est tout simplement plus possible. Même en augmentant nos revenus, ce montant sera toujours inférieur au pourcentage d'augmentation de la quote-part. 

Nous avons toujours été de bonne foi. Par le passé, nous avions accepté qu'un médiateur soit nommé, ce que le maire de Québec a toujours refusé. Qu'a-t-il à cacher?

Dernièrement, un palmarès des HEC, rendu public, confirme que l'agglomération de Québec rend les finances de Saint-Augustin-de-Desmaures des plus précaires et fait en sorte que ses services coûtent 225 % plus cher que les villes de taille comparable. 

Quant à l'aspect légal évoqué par le ministre Moreau, il faut comprendre que les tribunaux ont été saisis du dossier pour régler les montants du passé. C'était d'ailleurs notre seule issue pour se faire justice. Il appartient maintenant au ministre, et peut-être même aux législateurs de l'Assemblée nationale, de trouver une solution pour régler l'avenir. 

En 2004, nos concitoyens ont choisi de se défusionner, de quitter la Ville de Québec pour retrouver leur liberté, leur autonomie. Aujourd'hui, Saint-Augustin-de-Desmaures est prisonnière d'une agglomération qui l'isole, qui la méprise et qui finira par l'étrangler. 

Cette farce a assez duré.

Marcel Corriveau, maire de Saint-Augustin-de-Desmaures

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