Ahmadiyya : un mouvement loin des valeurs québécoises

De nombreux organismes musulmans québécois ont senti le... (PHOTO DAVID BOILY, Archives LA PRESSE)

Agrandir

De nombreux organismes musulmans québécois ont senti le besoin de condamner les attentats cette semaine, craignant la stigmatisation.

PHOTO DAVID BOILY, Archives LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

Interpellés par l'article du Soleil concernant la rencontre du 26 novembre avec la communauté musulmane Ahmadiyya, des représentants du groupe Laicité citoyenne de la capitale nationale ont répondu à cette invitation. Ils étaient là pour vérifier si cette communauté nous rejoignait dans nos idéaux de laïcité institutionnelle et étatique.

Il n'y a pas eu à notre connaissance d'exposé ou de conférence de la part de l'imam Luqman Ahmed qui d'ailleurs s'exprime difficilement dans la langue de notre capitale, n'étant arrivé ici que depuis quatre mois, directement de Toronto.

À l'exemple de plusieurs mouvements se réclamant de l'islam, la communauté musulmane Ahmadiyya présente, en façade, des valeurs généralement partagées par tous ainsi que des intentions au premier abord très louables. En effet, qui s'opposera à la justice et à la paix sur la terre ? Encore faut-il s'interroger sur les moyens auxquels on aura recours... Et de quel type de laïcité parle-t-on ?

Il suffit, comme bien souvent dans de telles situations, de poser des questions précises pour connaître la traduction concrète de ces principes dans notre société moderne et dans notre société québécoise. Ainsi, dans le cadre de discussions et d'échanges avec l'imam Luqman Ahmed et une jeune femme qui agissait à toutes fins pratiques comme son interprète et/ou son porte-parole, selon les circonstances, nous avons pu en apprendre beaucoup plus.

Cette jeune femme voilée, appelée Sarah, a tenté de nous expliquer, patiemment et du mieux qu'elle a pu, les origines de la communauté et les valeurs qui la sous-tendent. Originaire du Maroc et ayant vécu en France, elle avait l'avantage de parler couramment français. Il semble que son mariage avec un Pakistanais, qui s'est d'ailleurs joint à la conversation à un certain moment, l'a dirigée vers cette mouvance religieuse musulmane.

À observer la jeunesse et la tenue parfaites de notre hôtesse Sarah, alliées à la modestie «obligée» qu'adoptent les femmes musulmanes pratiquantes, il était facile de voir que son rôle était tout tracé à l'avance...

Ainsi, le mouvement est en faveur de l'application de la charia seulement dans les pays où les musulmans sont en majorité. Dans les pays où ils constituent une minorité, la charia ne s'appliquera, selon eux, qu'aux membres de leur communauté. Si on applique ce principe ici au Québec, on verra donc des femmes québécoises ne disposant pas des mêmes droits à l'égalité, puisque les femmes musulmanes devront se comporter selon les principes et préceptes de la charia en regard de leurs obligations vestimentaires, de leur droit à l'héritage, de leur comportement en public et de leur soumission à leur mari.

Le mouvement affirme aussi le droit de tous à porter des signes religieux ostentatoires à la fois dans l'espace public et dans l'espace étatique, incluant ministères, institutions et agences gouvernementales, institutions de justice, services de sécurité publique et système scolaire. Ses adeptes approuvent aussi le port de la burqa dans l'espace public sans aucune restriction, affirmant que c'est le droit des femmes de porter les vêtements de leur choix...

La rencontre n'a pas permis d'approfondir toutes les questions de société liées à la présence de cet islam prosélyte ici à Québec, mais les quelques informations recueillies permettent de conclure que ce mouvement, à l'exemple de nombreux autres mouvements relevant de l'islam, prône à toutes fins pratiques des comportements et des agissements qui viennent en contradiction avec les valeurs profondes de la société québécoise actuelle, notamment l'égalité entre les hommes et les femmes. Son enseignement heurte aussi directement l'héritage laïque que notre société a bâti par étapes depuis des décennies.

Si la devise de leur religion est «Amour pour tous, haine pour personne», il ne semble pas être question pour eux de se plier de quelque façon que ce soit aux valeurs de l'État qui les a accueillis ni de se ranger du côté de ceux qui les défendent. Au moment de notre départ, cordial malgré tout, la jeune femme avec laquelle nous avons discuté a refusé de serrer la main du représentant masculin du LCCN. Préceptes religieux obligent!

Francine Lavoie

Yves Laframboise

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer