Mine Arnaud: beaucoup ou peu d'uranium?

Pas moins de 150 entreprises de Sept-Îles avaient... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque)

Agrandir

Pas moins de 150 entreprises de Sept-Îles avaient fermé boutique, en mars dernier, pour permettre à leurs employés d'aller manifester en faveur de la Mine Arnaud.

Collaboration spéciale Fanny Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Le Soleil

Le rapport du BAPE sur le projet de la mine Arnaud a passé sous silence une donnée essentielle concernant la qualité des minerais d'apatite du Québec qu'il est important de mettre en évidence. Le minerai d'apatite des projets de mine Arnaud et de Lac-à-Paul est contenu dans des roches ignées riches en magnésium. Dans ce contexte géologique, l'apatite et la roche qui la contient sont naturellement pauvres en uranium. Les documents déposés au BAPE indiquent que le minerai, les résidus miniers, et les résidus d'usinage du minerai qui seraient produits à la mine Arnaud contiendraient tous moins de 0,0005 % poids d'uranium, ou moins de 5 parties par million (ppm). Des valeurs similaires sont rapportées pour le gisement de Lac-à-Paul. Cette valeur représente la limite de détection de l'instrumentation utilisée.

Par contraste, l'apatite extraite des roches sédimentaires - qui constitue la principale source de phosphore dans le monde, contient une teneur en uranium beaucoup plus élevée, entre 60 et 200 ppm d'uranium.  Il s'agit d'une caractéristique intrinsèque de ce type de minerai d'apatite, dont ceux produits au Maroc, en Tunisie ou aux États-Unis. D'ailleurs, de l'uranium a été valorisé à partir de minerai d'apatite sédimentaire. Cet uranium, s'il n'est pas extrait, se retrouve dans les engrais fabriqués à partir du minerai d'apatite. De plus, l'utilisation de minerai d'apatite provenant de roches sédimentaires produit des résidus industriels uranifères, comme le phosphogypse. Des études ont montré qu'environ la moitié de l'uranium du minerai d'apatite peut se retrouver dans les résidus industriels de la fabrication des engrais.

Ainsi, les engrais phosphatés fabriqués à partir d'apatite sédimentaire, contiennent des concentrations qui peuvent atteindre une teneur moyenne de 200 ppm d'uranium. À titre d'exemple, une étude de la teneur en uranium d'engrais domestiques dans la région de Québec démontre des concentrations en uranium allant de <1 à 141 ppm. Une petite partie de l'uranium dans l'engrais peut être assimilé par les plantes, mais l'uranium restant s'accumule dans le sol ou se disperse dans les eaux de surface.

Il y a donc lieu de se poser la question suivante : ne serait-il n'est pas préférable d'extraire un minerai d'apatite pauvre en uranium, comme celui des projets miniers au Québec, plutôt que d'importer de l'étranger un minerai d'apatite qui contient de l'uranium?

Georges Beaudoin, géo.

Professeur de géologie, Université Laval

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer