Vortex: ce livre que l'on voudrait oublier le plus vite possible?

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Le Soleil

Notre collègue Michel Lemay publiait récemment chez Québec Amérique un essai - Vortex - qui devrait interpeler toute la communauté des professionnels des relations publiques et aussi, pour ne pas dire surtout, nos vis-à-vis, que certains appellent frères ennemis, les journalistes et les entreprises de presse au sein desquelles ils travaillent.

Professionnel, puis cadre supérieur en communication depuis plus de trente ans, tant en agence qu'en entreprise, l'auteur aura vécu plusieurs années de relations quotidiennes avec les journalistes, cumulant ainsi un bagage d'expérience qu'il met fortement à contribution pour étayer son propos.

Fruit d'un travail patient et rigoureux entrepris depuis plusieurs années, Michel Lemay décortique d'une manière chirurgicale, à l'aide de nombreux exemples concrets, bien choisis et documentés, d'ici ou d'ailleurs, récents ou plus lointains, les fréquentes dérives journalistiques qui, selon lui, finissent par avoir des effets très pervers sur notre vie démocratique. Il mentionne, entre autres, les atteintes nombreuses et injustifiées à la réputation des individus ou des entreprises, à la perte de crédibilité des journalistes et des médias, de même que les distorsions importantes dans l'information diffusée et accessible limitant la capacité du grand public de se faire une opinion éclairée sur plusieurs évènements et enjeux de nos sociétés.

Une des grandes réussites de ce livre sera de rendre accessible à un public beaucoup plus large, des débats autrefois réservés aux chercheurs et spécialistes des grandes facultés universitaires de journalisme et de communication occidentales.

Alors pourquoi ce relatif silence public autour de la publication de ce livre, tant du côté des professionnels en relations publiques que des journalistes?

En effet, à l'exception de quelques interventions de Stéphane Baillargeon (Le Devoir), de Marie-Claude Ducas (Journal de Montréal) ou de Michel Désautels (Première chaîne Radio) dans les médias, ou de la chronique du collègue Mathieu Sauvé dans le blogue Zone franche, à ce jour, peu de médias ont couvert et peu de relationnistes ont commenté publiquement cet essai qui devrait pourtant susciter un débat vigoureux et salutaire au sein même de nos deux professions, mais aussi entre les artisans des deux métiers.

Est-ce parce que la démonstration, par sa rigueur, est difficilement contestable et que les journalistes se sentent mal à l'aise de traiter du sujet ou d'en discuter parce que trop déstabilisante? Le récent congrès de la FPJQ n'aurait il pas constitué une occasion rêvée d'inviter l'auteur pour en débattre?

Est-ce parce que les relationnistes, dont plusieurs partagent sûrement le point de vue de l'auteur derrière des portes closes, hésitent à dévoiler le leur ou d'en discuter publiquement, de crainte de nuire à leurs propres relations avec les journalistes dans le cadre de leurs activités professionnelles au nom de leurs clients, de leurs institutions ou de leurs entreprises? N'est-il pas un peu kamikaze, ce Lemay, d'attaquer ainsi si durement celles et ceux avec qui il doit travailler quotidiennement afin de diffuser de l'information et gérer la réputation de sa propre organisation? A-t-il bien mesuré la capacité du 4e pouvoir toujours se sortir de situations délicates et de retourner continuellement la situation contre ses éventuels détracteurs?

Il a fallu, en effet, une bonne dose de courage et de détermination à Michel Lemay pour poursuivre cette aventure jusqu'à sa conclusion alors qu'il oeuvre toujours dans le métier et côtoie régulièrement les professionnels des médias dans le cadre de son travail.

Il faut souligner aussi la grande ouverture de son employeur qui lui aura permis de publier ce livre alors que son contenu aborde directement et avec force détails un évènement médiatique majeur survenu dans l'entreprise (le vol. 236 d'Air Transat avec le commandant Piché aux commandes) que l'auteur utilise abondamment pour illustrer une panoplie de failles déontologiques chez plusieurs membres de la presse qui ont couvert ce dossier.

Évidemment, la majorité des journalistes exercent cette exigeante profession avec beaucoup de professionnalisme. L'auteur ne manque pas de le souligner d'ailleurs. De plus, les accrocs déontologiques n'appartiennent pas qu'aux professionnels des médias dans cette relation délicate entre eux et nous. Les journalistes s'en donnent régulièrement à coeur joie au sujet de ce qu'ils estiment êtres des dérapages de relationnistes ou des opérations de « relations publiques » comme si rien de plus épouvantable et pernicieux n'existait sur terre! D'ailleurs un essai québécois de qualité tout aussi dévastateur pour notre profession, pourrait surement être publié, si un jour un journaliste y mettait la même rigueur, la même énergie et le même courage que Lemay.

L'auteur de Vortex en conviendrait surement, mais là n'était pas son propos et l'on ne peut le lui reprocher.

Quelqu'un d'autre s'en chargera peut-être et si c'est le cas, il faudra en tenir compte et l'analyser avec ouverture d'esprit et sans complaisance.

En attenant, il est essentiel que le propos de Vortex, cet essai de grande qualité, soit l'objet de la plus grande diffusion possible et que les questions qu'il soulève soient débattues publiquement.

La qualité de l'information transmise au public en dépend.

Marcel Barthe, ex-président - Optimum relations publiques,

ex-Vice-président, Stratégie d'entreprise - Cossette et Vision7international

Québec

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