Un petit tour en ambulance...

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Tous les professionnels de la santé qui travaillent dans les urgences vous le diront : les personnes âgées qui font un «tour»  en ambulance les amenant à se retrouver les fesses à l'air dans un couloir n'ont souvent pas d'autres choix, plaide l'auteure.

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Le Soleil

Je suis consternée par la recommandation émanant de la commission Robillard à l'effet de faire payer le transport ambulancier aux personnes âgées de 65 ans et plus.

L'annulation de la gratuité de ce service pourrait générer au gouvernement des revenus annuels oscillant autour de 30 millions $. Une mesure qu'appuient le président du Conseil du trésor et le ministre de la Santé et des Services sociaux. Contrairement à M. Coiteux qui déclare « qu'il n'y aura pas de vache sacrée au Québec », je pense que les personnes âgées méritent justement d'être considérées comme des intouchables. M. Coiteux s'investit de la mission de protéger l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants; il devrait aussi faire sienne la mission de respecter ceux qui nous ont précédés.

Alors que l'État est incapable de juguler le « désastre informatique du Dossier Santé Québec », dixit le ministre Barrette, qui nous coûte collectivement déjà plus d'un milliard et demi de dollars sans l'ombre d'un résultat, les Québécois devraient se révolter de cette nouvelle idée du jour visant des personnes plus âgées. Ce qui ajoute à la dérision de cette nouvelle mesure est le fait qu'on ciblerait les personnes qui ne reçoivent pas de supplément de revenu garanti. Est-ce à dire qu'une personne âgée est considérée comme étant riche lorsqu'elle n'en reçoit pas? L'argument est fallacieux et constitue une insulte à l'intelligence. Tous les professionnels de la santé qui travaillent dans les urgences vous le diront : les personnes âgées qui font un «tour»  en ambulance les amenant à se retrouver les fesses à l'air dans un couloir n'ont souvent pas d'autres choix; les CLSC ne suffisent pas à la demande, leurs enfants ne sont pas disponibles ou si elles habitent en résidence, il n'y a pas de couverture d'urgences.

J'espère ne pas être la seule à être révoltée par ce genre de manoeuvres incongrues et à dénoncer cette mesure totalement inappropriée. J'invite le gouvernement à agir sur les vraies sources de gaspillage et, d'emblée, à démanteler la Commission de révision « permanente » des programmes; vous économiserez déjà plus de 3 millions $. Vous êtes à court d'idées? Je vous en rappelle deux que nous proposons depuis des années et qui rapporteraient des centaines de millions de dollars récurrents par année dans les coffres de l'État : l'imposition d'une taxe de 15 % sur les boissons gazeuses, les croustilles et les friandises - des produits dommageables pour la santé - et d'une taxe de 20 ¢ sur l'eau embouteillée de format de 500 ml - un produit de luxe qui génère des tonnes de déchets plastiques dommageables pour l'environnement.

Je me demande bien depuis quand « s'occuper des vraies affaires » consiste à fouiller dans les poches des personnes âgées vulnérables pour renflouer les coffres de l'État. Ces personnes sont pourtant si précieuses quand vient la campagne électorale!

Diane Francoeur, M.D., présidente

Fédération des médecins spécialistes du Québec

Montréal

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