Projet Énergie-Est: «Il faut un débat démocratique» - Mulcair

Le gouvernement fédéral doit faire siens les principes... (La Presse Canadienne, Sean Kilpatrick)

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Le gouvernement fédéral doit faire siens les principes du développement durable et du pollueur-payeur, exige Thomas Mulcair.

La Presse Canadienne, Sean Kilpatrick

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Thomas Mulcair

Chef du Nouveau Parti démocratique et de l'Opposition officielle

Le Soleil

Bien des Québécoises et des Québécois sont inquiets face au projet de pipeline Énergie-Est de TransCanada. Nous partageons ces craintes. Il est devenu évident, à la suite de la divulgation du plan de communication de la compagnie TransCanada, que le droit de cité des citoyens est vulnérable. Malheureusement, au lieu de défendre les citoyens, le gouvernement conservateur a pavé la voie de ce genre d'abus.

Il faut comprendre que le projet de TransCanada est gigantesque. L'oléoduc projeté de 4600 km traverserait six provinces et de nombreuses communautés. Il est donc normal que les citoyens s'interrogent sur sa pertinence et sur l'impact que ce projet aurait dans leurs communautés.

C'est donc avec une frustration justifiée que de nombreux citoyens ont crié à la méprise et à l'arnaque devant la tentative de manipuler le processus. La situation est pire encore, quand on sait que le gouvernement conservateur a sciemment et systématiquement éliminé les forums où les citoyens peuvent exprimer leurs opinions et leurs inquiétudes sur des projets de transport d'hydrocarbures tout en démantelant le processus d'évaluation environnementale jusqu'à le rendre une simple formalité pour les promoteurs corporatifs.

Or, seule une consultation ouverte et transparente permettra à la population de faire valoir sa volonté face à des intérêts privés disposant de ressources financières inégalées. Qui plus est, ce ne serait qu'après un débat vraiment démocratique que ces promoteurs pourraient éventuellement s'assurer d'obtenir l'appui de la population, un appui qui est essentiel à la réalisation de tout projet du genre.

Ceci étant dit, permettez-moi de rappeler quelques faits.

Par l'entremise des projets de loi omnibus C-38 et C-45, le gouvernement a limité grandement les protections environnementales lors de l'évaluation des projets majeurs. En même temps, il a modifié la loi encadrant l'Office national de l'énergie pour limiter la portée du processus d'évaluation environnementale et restreindre l'accès citoyen.

Par ces actions, le gouvernement conservateur, pensant aider les grandes pétrolières, ne fait que leur nuire. Ces entreprises deviennent des dommages collatéraux de l'idéologie aveugle des conservateurs.

Alors, que faut-il faire?

Tout d'abord, le gouvernement fédéral doit faire siens les principes du développement durable et du pollueur-payeur. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons commencer ensemble, à réduire notre dépendance aux énergies fossiles, à freiner notre consommation globale et, enfin, à entamer la transition nécessaire, au Québec et au Canada, vers des énergies renouvelables.

Ensuite, le gouvernement fédéral doit prendre ses responsabilités dans l'encadrement réglementaire des sables bitumineux dont les retombées économiques potentielles sont énormes, mais dont les effets néfastes d'un développement mal encadré peuvent être bouleversants et irréversibles. Mettre un prix sur le carbone; éliminer les subventions; encourager la transformation des ressources naturelles au pays; voir à la protection des eaux; de l'atmosphère et de la faune; améliorer la sécurité dans le transport ferroviaire, routier, maritime et par pipeline; respecter les droits constitutionnels et ancestraux des Premières nations constituent autant de mesures qui doivent être mises en place dès maintenant.

Sans cela, tout débat sur quelque pipeline que ce soit est faussé. Le Nouveau Parti démocratique croit fermement que la transformation au Canada des produits doit être un objectif prioritaire, et c'est pour cela que nous nous opposons à la réalisation du projet de pipeline Keystone XL, qui exportera aux États-Unis jusqu'à 40 000 emplois bien rémunérés. Voilà aussi pourquoi nous nous sommes montrés ouverts à un transport de la ressource de l'ouest vers l'est du pays. Il y a là, tout d'abord, le potentiel de redevances plus élevées pour financer les services publics, des emplois de qualité et une meilleure sécurité énergétique. Mais, également, la possibilité d'approvisionner les raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick en pétrole canadien moins coûteux, plutôt qu'avec le gaz de schiste américain ou du pétrole d'outremer qui, lui, transite actuellement sur le Saint-Laurent ou encore sur les rails.

Cependant, pour arriver à une solution durable, il faut absolument un processus d'évaluation crédible, rigoureux et démocratique, ce que le gouvernement conservateur démantèle systématiquement.

Il faut revoir en profondeur la façon de faire de l'Office national de l'énergie, qui est responsable, entre autres, de l'évaluation des projets d'envergure. Cela veut dire ouvrir le processus pour assurer une réelle transparence, une participation informée et significative des citoyens, une bonification des critères d'évaluation pour y inclure les effets globaux de chaque projet sur les émissions de gaz à effet de serre, l'impact sur les emplois au pays, la sécurité énergétique canadienne et régionale et la conformité à nos obligations légales envers les nations autochtones. En passant, le dépôt de documents unilingues anglais n'a fait qu'empirer le sentiment de mépris.

Le Nouveau Parti démocratique ne jugera pas du projet dans son ensemble avant que tous les faits soient connus et les impacts analysés de façon transparente. Nous participerons aux audiences publiques sur le projet de TransCanada pour nous faire le porte-voix des citoyens soucieux de notre environnement et de notre économie et qui se posent de questions valables.

Le NPD s'est déjà prononcé formellement contre le port pétrolier de Gros-Cacouna qui menace non seulement l'écologie, mais aussi la sécurité sur le fleuve et les bélugas qui y vivent. Malheureusement, les libéraux et les conservateurs ont voté contre la protection des bélugas.

L'enjeu est de taille. Sans une réforme du système d'évaluation environnementale des projets, ayant pour base les principes de développement durable, nous laisserons une dette écologique, sociale et économique irréparable à nos enfants et à nos petits-enfants.

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