Saccage dans le financement des cégeps: «Celui qui le dit, celui qui l'est!»

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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Le Soleil

Comme parent, je valorise au plus haut point l'autonomie, laquelle s'acquiert en grande partie par l'éducation. Celle-ci contribue à ouvrir les horizons et à donner de multiples choix. J'ai donc été profondément choqué et consterné par la décision du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, d'exiger du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science qu'il impose de nouvelles coupes aux cégeps. Il est question de sabrer une somme récurrente de 19 millions $, ce qui élève la ponction absorbée par les cégeps à 109 millions $ depuis quatre ans.

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) regroupe environ 750 professionnelles et professionnels répartis dans 16 collèges à travers le Québec. Étant tous de précieux partenaires pour la réussite des étudiants, il importe de souligner le travail de ces experts qui s'impliquent auprès des étudiants, des enseignants et de la direction des collèges. Sans aucun doute, les professionnels des collèges sont au coeur de notre avenir.

Toutefois, à l'occasion de la Semaine des professionnelles et professionnels des collèges, qui se tient du 17 au 21 novembre 2014 afin de souligner leur contribution à l'enseignement supérieur, le gouvernement leur assène une violente gifle. Pourtant, il devrait reconnaître, protéger et accroître l'expertise de ces professionnelles de l'enseignement supérieur, laquelle est vitale pour l'essor du Québec.

À cet égard, la volonté du premier ministre du Québec de voir son gouvernement accoucher d'un plan concerté de lutte contre l'intimidation ne m'apparaît pas prioritaire, d'autant que ce gouvernement n'hésite pas à intimider les pourvoyeurs de services publics. Il a aboli les directions régionales du ministère de l'Éducation, chargées de mener à bien cette lutte contre l'intimidation dans nos établissements scolaires, comme il a aboli récemment, en pleine crise des événements de Saint-Jean-sur-Richelieu et d'Ottawa, les directions régionales du ministère de l'Immigration, chargées de coordonner et de superviser l'intégration et la francisation de nos immigrants trop souvent laissés à eux-mêmes par un marché du travail rébarbatif.

Là ne s'arrête pas cet appétit de couper sans réfléchir à des fins idéologiques et électoralistes. Comment qualifier autrement la volonté du gouvernement de saccager les centres locaux de développement, les conférences régionales des élus, les carrefours jeunesse-emploi, les agences de la santé et des services sociaux et Solidarité rurale du Québec? Alors que le premier ministre, lors de la dernière campagne électorale, accusait son vis-à-vis de la Coalition Avenir Québec, François Legault, de vouloir saccager les services publics, une phrase souvent répétée à l'école me vient soudainement à l'esprit: « celui qui le dit, celui qui l'est! »

Le gouvernement multiplie les efforts pour nous faire croire que le Québec est au bord du gouffre, ce qui ne dupe pas les économistes, les comptables et les actuaires qui travaillent pour ce gouvernement et que je représente. Pendant ce temps, les bandits pointés du doigt par la commission Charbonneau peuvent continuer à se la couler douce en toute impunité, sans être tenus de rembourser les milliards volés honteusement aux Québécois. Est-ce le modèle québécois 2.0 « de compétence, d'intégrité et de transparence » auquel nous conviait le premier ministre le soir de son élection?

Quand ce gouvernement comprendra-t-il que certaines dépenses, comme l'éducation, ne sont pas des coûts, mais plutôt des investissements, comme l'ont compris les gouvernements de la Révolution tranquille, comme l'affirment des institutions aussi sérieuses que l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et des économistes tel que Pierre Fortin, désigné comme l'économiste québécois le plus éminent de la décennie selon l'Association des économistes québécois dont font pourtant partie MM. Coiteux et Leitão?

Richard Perron, président

Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec

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