Le modèle québécois, un mythe?

Pierre Céré, candidat à la direction du Parti... (Photo Dominic Morissette)

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Pierre Céré, candidat à la direction du Parti québécois

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Pierre Céré

Candidat à la direction du Parti québécois

Le Soleil

(Montréal) Il appert, selon certains, que le modèle québécois n'est qu'une invention de l'esprit, un mythe, si puissant qu'il serait devenu un frein au développement du Québec... L'argument massue étant qu'un flou artistique embrouille ce concept. Mais pourquoi perdent-ils leur temps à dénoncer le modèle québécois si celui-ci n'a jamais existé? Pour mieux le démolir.

En 1992, un journaliste demandait à Louis Laberge, ex-président à peine retraité de la FTQ, si le syndicalisme québécois s'inspire d'un modèle en particulier, voire allemand, suédois ou japonais. Sa réponse : «Pourquoi pas un modèle québécois? Un modèle original fondé sur la concertation des partenaires sociaux de l'État, un État dont le rôle est toujours aussi indispensable. Un modèle qui nous permettrait de mettre en oeuvre une vraie politique de plein emploi. Chose certaine, je n'ai pas de modèle révolutionnaire, je suis un homme pratique, pas un rêveur. Je ne crois pas à la révolution, mais à l'évolution, aux réformes qui changent progressivement les règles du jeu ». Louis Laberge voyait les syndicats, les groupes communautaires, les mouvements citoyens, ainsi que le patronat, comme des partenaires sociaux de l'État. Cette définition, je l'assume. Le modèle québécois s'appuie sur deux piliers, soit un rôle accru de l'État ainsi que sur des valeurs profondément démocratiques.

N'est-il pas étonnant lorsque l'on observe le parcours des libéraux depuis 2003, de constater qu'ils s'acharnent à déconstruire ce modèle. On se rappellera tous la Loi 34, transformant les Centres régionaux de développement (CRD) en Conférence régionale des élus, boutant dehors la société civile de ces organismes. Exit les partenaires sociaux! La suite logique de cette loi n'est-elle pas d'abolir les Centres locaux de développement (CLD), tel que le propose actuellement le ministre Moreau? Ne serions-nous pas en train de revenir à une forme de duplessisme en confiant la responsabilité du développement économique aux seuls élus. N'ouvre-t-on pas ainsi la porte à une corruption généralisée? L'extraordinaire rattrapage économique qu'a connu le Québec est largement tributaire de la concertation des partenaires sociaux. Je prends en exemple Emploi-Québec, aussi la Caisse de dépôt et placement, où ces partenaires siégeaient, avant que les Libéraux éliminent la place des syndicats dans ces instances.

Cette tentative de concentration du pouvoir dans les mains d'une minorité d'élus ne saute-t-elle pas aux yeux avec la « réforme Barrette » ou, en portant attention aux sous-entendus du ministre Bolduc, quant à l'abolition des commissions scolaires? Il y a sans contredit une opération de démolition orchestrée contre le fonctionnement démocratique de nos institutions.

Les libéraux, avec leurs politiques d'austérité, tentent de diminuer le rôle de l'État comme jamais auparavant. On s'en prend honteusement à la politique familiale qui pourtant fait l'envie dans le reste de l'Amérique. Le Régime québécois d'assurance parentale ainsi que les Centres de la petite enfance ont permis à bien des familles de mieux vivre, parfois de sortir de la pauvreté et d'intégrer pleinement le marché du travail. Les Carrefours jeunesse emploi ont assuré à des jeunes le développement de leurs compétences et, par extension, en ont fait des candidats intéressants pour les entreprises, assurant ainsi une solide contribution au développement économique du Québec.

Il y aura toujours des gens pour nier l'existence de certaines choses. Il n'y a qu'à faire des recherches sur Internet pour s'en rendre compte.

Non seulement le modèle québécois existe, mais on peut considérer que l'oeuvre demeure inachevée. L'un des éléments centraux de ma campagne à la chefferie du Parti québécois est de poursuivre le travail et de refuser le démantèlement de l'État que les Libéraux nous préparent. J'invite les forces vives de la société à se joindre à nous pour qu'ensemble nous puissions bâtir un Québec juste.

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