Du respect des travailleurs

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Les agences ont été créées pour s'assurer que la coordination des services de santé et des services sociaux prodigués par les divers établissements du réseau soit faite de façon démocratique et équitable pour répondre aux besoins de la population en tenant compte des particularités locales et régionales du territoire desservi, explique l'auteure.

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Daria Pereg

Présidente, Syndicat du personnel professionnel et technique de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale

Le Soleil

(Lettre à Monsieur Philippe Couillard, premier ministre)

Monsieur le premier ministre,

Cette lettre vous est adressée au nom de près de 230 employés de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, représentés par les accréditations syndicales affiliées à la CSQ (catégorie 4) et à la CSN (catégorie 3). Ces travailleurs du réseau de la santé, par l'entremise de leurs syndicats, font appel au respect du gouvernement dans le cadre de la proposition du projet de loi 10 et de son éventuelle mise en oeuvre.

Les messages envoyés sur la place publique lors de la présentation de ce projet de loi discréditent le travail effectué par les employés des Agences de santé et de services sociaux (ASSS), laissant croire que ce travail ne correspond qu'à une bureaucratie inutile. Or, nous considérons que le travail que nous livrons est loin d'une simple «bureaucratie à alléger» et qu'au contraire, il répond au mandat que se sont vu confier les Agences lorsqu'elles ont été créées avec les CSSS en 2003 par votre propre ministère avec l'adoption du projet de loi 25.

Les agences ont été créées pour s'assurer que la coordination des services de santé et des services sociaux prodigués par les divers établissements du réseau soit faite de façon démocratique et équitable pour répondre aux besoins de la population en tenant compte des particularités locales et régionales du territoire desservi. Ce mandat comprend notamment de déceler les besoins de la population et d'adapter l'offre de service à ces derniers, de faciliter le développement et la gestion des réseaux locaux de service de santé et de services sociaux, responsables des services de proximité pour la population ainsi que d'assurer les mandats de protection de la santé publique, de prévention et de promotion de la santé et de vigie sanitaire dont le Directeur régional de santé publique est légalement responsable.

Malgré le choc initial créé par l'adoption du projet de loi 25, les difficultés imposées d'abord par le changement organisationnel centralisateur qu'impliquait la formation des CSSS, et ensuite, par les compressions budgétaires récurrentes imposées au réseau, de très belles réussites ont vu le jour dans la région grâce aux compétences, au dévouement et à la détermination du personnel de notre organisation.

Il nous semble donc inacceptable que votre ministre de la santé, M. Gaétan Barrette, rejette l'ensemble du travail effectué par le personnel des ASSS. Ces propos dénigrants lancés pour justifier l'abolition des agences régionales sont d'autant plus inadmissibles dans la perspective ou le projet de loi 10 prévoit que le travail réalisé par le personnel des agences continuera d'être effectué, démontrant par le fait même qu'il ne s'agit pas d'une simple bureaucratie qui doit être allégée, mais plutôt d'un travail essentiel qui devrait être reconnu publiquement et valorisé par les représentants de votre gouvernement.

En effet, bien que le projet de loi 10 présente dans son titre l'abolition des agences régionales, dans les faits, les fonctions des agences sont maintenues et c'est plutôt le palier de gouvernance local qui semble appelé à disparaître dans les «Centres intégrés de santé et de services sociaux». Il semble donc que l' «abolition des agences régionales» ainsi que le dénigrement public du travail qui y est effectué par plus de 1300 personnes ne servent que d'instrument pour permettre de faire accepter un projet de loi dont l'objet est une réforme centralisatrice du réseau de santé et service sociaux dont l'ampleur et la rapidité d'implantation sont sans précédent, voire périlleuses pour la stabilité du réseau. De plus, le projet de loi 10 préoccupe à plusieurs égards, notamment par la très forte centralisation des pouvoirs autour du ministre de la Santé et par l'immensité des structures régionales qu'il entend créer. Il est d'ailleurs critiqué par divers experts en gouvernance des systèmes de santé et ne semble pas prendre en considération toutes les expériences passées et les impacts des changements organisationnels visant la centralisation des services dans le système de santé québécois, expériences qui n'ont pas toujours démontré des coûts plus faibles, un allègement du ratio d'encadrement ou une meilleure efficacité de la prestation de services et de soins à la population.

Malgré les doutes soulevés par la réforme proposée tant dans son contenu que dans la façon prévue de la mettre en oeuvre, nous croyons fermement que notre expertise et notre expérience acquises au cours des dernières années au sein de l'Agence continueront d'être utiles, voire essentielles au fonctionnement optimal du réseau de santé et services sociaux, dans sa forme actuelle et éventuelle. Nous désirons souligner que nous sommes des partenaires importants dans la mise en oeuvre de ce changement organisationnel et qu'à cet égard, les membres du gouvernement actuel devraient nous considérer avec respect et reconnaître publiquement l'expertise et le travail de nos membres plutôt que les dénigrer.

Nous vous demandons donc de bien vouloir rappeler à l'ordre les membres de votre gouvernement, notamment le ministre de la Santé, concernant la tenue de propos dénigrants et irrespectueux sur le travail des employés des Agences de santé et de services sociaux puisque de tels propos injustifiés sont démotivants et nuisent au travail que nos membres continuent de livrer malgré le contexte difficile déjà imposé par les compressions budgétaires récurrentes et maintenant, par votre projet de loi.

Dans l'attente d'une action concrète de votre part, nous vous transmettons, Monsieur le premier ministre, nos salutations.

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