Le plus grand des défis n'est pas celui qu'on pense

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Le Soleil

Le gouvernement semble bien déterminé à suivre à la trace la ligne dont lui seul a la vision et qu'il essaie de communiquer à la population. Et il a bien raison. Il faut redresser les finances publiques sous peine d'être pris à la gorge et asphyxié par la dette et ses intérêts annuels. Ne pas le faire avec rigueur serait de l'inconscience. 

Sauf que nous avons tous joué dans le film qui semble être un troisième long métrage après la version de René Lévesque en 82, celle de Lucien Bouchard avec le déficit zéro, sans oublier plusieurs courts métrages moins spectaculaires. Mais cette fois, le réalisateur et ses assistants utilisent une méthode plus conséquente que faire des coupes paramétriques. Ils veulent faire de la vraie gestion, et évaluer le bien-fondé de chaque mission de l'État en soupesant la pertinence et les coûts des services offerts aux citoyens ordinaires ou institutionnels, qui en découlent. Là encore, nous devons saluer l'objectif en soi, même si la tâche semble de prime abord titanesque.

Par expérience, je sais que ce travail de réflexion favorisera la remise en question de l'existence de certains programmes en appliquant un principe qui était cher à Robert Bourassa : la subsidiarité. Quel niveau de gouvernement est-il le mieux placé pour gérer tel ou tel services aux citoyens ou aux entreprises? Vous voyez tout de suite que sous le discours des finances publiques, on peut compliquer le scénario de mille et une façons et foncer dans toutes les directions. 

Mais si c'est ça le scénario du film, on sera plusieurs à vouloir bâtir s'offrir à bâtir les décors, à mixer le son, à choisir la musique, et à se relever les manches sept jours sur sept pour remplir tous les postes d'assistants que nécessite ce genre de film.

C'est là que se situent le centre et la complexité d'une telle opération en dehors de la simple analyse des coûts. Si un programme n'a plus la pertinence d'exister ou s'il coûte vraiment trop cher, il sera probablement coupé. Mais là où il n'y a pas de réponse automatique, là où les discussions risquent de s'éterniser, les opposants se lever, et où il faudra inventer des façons nouvelles d'administrer et de financer ce que l'État aura consenti à décentraliser, on n'est pas couché de bonne heure. À peu près tous les ministres se sont cassé les dents sur les transferts de pouvoir du haut vers le bas. 

Dans le débat qui s'amorce à peine, il y a déjà deux réalisateurs qui voient le scénario en contre sens. Le ministre de la santé Barrette qui semble centraliser ses opérations avec ce qu'il estime être de bonnes raisons, et le ministre des Affaires municipales qui s'apprête à confier des responsabilités additionnelles aux municipalités et aux MRC.

Autant monsieur Barrette aurait eu des difficultés importantes à opérationnaliser ses dossiers dans le cadre d'une véritable décentralisation, autant monsieur Moreau rencontrera des obstacles de taille s'il veut céder des responsabilités d'envergure aux élus municipaux. Parce que le réceptacle de la prise de responsabilité au Québec n'existe pas comme il devrait l'être. La structure des grandes villes est adéquate, mais celle des MRC n'est pas achevée. Dans ces circonstances, il n'y aura que des simulacres de décentralisation possibles avec une administration et non un niveau de gouvernement responsable. Jamais nous ne pourrons parler de responsabilités additionnelles supérieures en santé, en développement économique, en éducation, en tourisme, etc., dans le cadre actuel où opèrent les administrations de MRC. Il faut absolument revoir leur mode électif et leur fiscalité au préalable.

Or, la période pour finaliser notre structure québécoise de gestion du bas vers le haut n'a jamais été plus propice depuis trente-cinq ans, après la création de MRC, dans le cadre d'une opération d'envergure de questionnements des programmes, et dirigée par le chef. Il me semble qu'on devrait arrêter de dire non à une meilleure répartition des pouvoirs et responsabilité au Québec. La centralisation coûte des emplois et beaucoup d'inefficacité dans la gestion des services à la population. 

Le monde municipal n'a pas de secret pour le ministre Moreau. Il semble fait de l'étoffe à relever des défis d'avenir. Il pourrait équiper le niveau régional québécois d'une structure élective capable de rattraper durant la prochaine décennie, les pays les plus riches du monde, des pays décentralisés. 

Il ne faut jamais oublier que la décentralisation est la plus grande école de formation dans un état. Les gens plus responsables dans les régions trouvent toujours les solutions qui leur vont bien, et grandissent avec elles. Alain Peyrefitte disait : on administre bien que de près. 

Michel Fernet, ex-DG

Fédération des municipalités du Québec

Québec

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