Le pétrole de l'Alberta, le Port et les gens de Québec

Pour les gens de la région, il s'agit... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Pour les gens de la région, il s'agit de bien comprendre la manière dont le pétrole lourd de l'Alberta serait acheminé au port de Québec et de quelle façon il en sortirait, écrivent les auteurs.

Le Soleil, Erick Labbé

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Le Soleil

Un article du journaliste du Soleil Michel Corbeil intitulé Exportation de pétrole: le PQ voit d'un mauvais oeil les visées du Port de Québec a évoqué la volonté de l'Administration portuaire de Québec de profiter de ses projets d'expansion pour, ultimement, servir de port d'exportation au pétrole provenant des sables bitumineux de l'Alberta. Nous désirons commenter plus en détail la position du Parti Québécois exprimée après la parution de cet article.

Bien sûr, nous sommes interpellés par le fait que notre fleuve est une voie navigable qui est soumise à de grandes marées et à de forts courants. Un déversement y aurait des conséquences majeures. Selon le rapport du Comité d'experts sur la sécurité des navires citernes, on pourrait récupérer seulement de 5 à 15 % d'un éventuel déversement de pétrole lourd, ce qui serait une catastrophe pour un milieu riche en espèces comme le fleuve.

Mais l'enjeu dépasse la sécurité du fleuve; il y a aussi la sécurité des personnes. Ce nouvel alignement du Port de Québec pose de nombreuses questions auxquelles il faudra obtenir des réponses. Pour les gens de la région, il s'agit de bien comprendre la manière dont le pétrole lourd de l'Alberta serait acheminé au port et de quelle façon il en sortirait. Serait-il amené par train? Si oui, où passeront ces convois? Dans quels quartiers : Vanier, Limoilou, Saint-Roch? Sur le pont de Québec? Sur la voie croisant la promenade Samuel-De Champlain? Qui fait confiance au transport de pétrole par train depuis la tragédie de Lac-Mégantic et la déréglementation dont ce mode de transport a été l'objet sous le gouvernement Harper? Dans le cas où on opterait pour un transport par oléoduc, d'autres questions surgissent: sur quels terrains, près de quelles résidences passerait-il?

Quels risques les gens de Québec sont-ils prêts à assumer, et en échange de quels avantages? Si une commission parlementaire s'est avérée nécessaire pour fixer les conditions pour l'Est de Montréal et Lévis, quelles sont les consultations prévues pour Québec?

L'enjeu est sérieux; il nécessite une réflexion poussée. À la suite des événements de la poussière rouge, le Port de Québec a promis d'agir, dorénavant, avec transparence et de consulter les citoyens. Les gens de Québec s'attendent donc à des explications complètes sur les nouveaux projets et à une occasion de donner leur opinion.

Par ailleurs, l'enjeu a aussi une dimension nationale. Le Parti Québécois refuse que le Québec prenne tous les risques environnementaux sans garantie de véritables retombées économiques à long terme. L'Alberta dispose d'un stock important de pétrole provenant des sables bitumineux et cherche à le mettre sur le marché. Pour cela, il lui faut le sortir de cette province. La première voie de sortie envisagée a été le projet d'oléoduc traversant la Colombie-Britannique. Or, la première ministre Christy Clark et les nations autochtones ont émis clairement l'opinion que les risques environnementaux étaient trop grands et, par conséquent, ont opposé une fin de non recevoir aux ambitions albertaines.

La deuxième voie de sortie passait par les États-Unis: le projet Keystone. Encore là, des considérations environnementales et stratégiques ont amené l'administration Obama à refuser le passage du pétrole des sables bitumineux sur son territoire.

Quant à l'oléoduc de TransCanada, qui pourrait passer sous le fleuve à Saint-Augustin pour aboutir à Cacouna, le gouvernement libéral a montré qu'on ne peut pas lui faire confiance pour la protection du fleuve. Il accepte que le Québec devienne une autoroute pour l'exportation du pétrole bitumineux de l'Ouest.

Où est l'intérêt des Québécois? Nous avons le droit de dire non. Les gens de Québec ont le droit de dire non.

Agnès Maltais, députée de Taschereau, porte-parole de l'opposition officielle responsable de la région de la Capitale-Nationale

Bernard Drainville, député de Marie-Victorin, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, de ressources naturelles et de développement nordique

Martine Ouellet, députée de Vachon, porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports, de stratégie maritime et d'électrification des transports

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