La vérité sur le domaine Woodfield

Une photo de la portion ouest du cimetière... (Photo Jean Bousquet)

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Une photo de la portion ouest du cimetière Saint-Patrick qui montre la fonction d'écran visuel du boisé Woodfield.

Photo Jean Bousquet

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Le Soleil

En réaction à la chronique de François Bourque du 9 juillet 2014

Pour bien comprendre la problématique de ce dossier, il faut se replacer dans l'unité patrimoniale initiale qu'est le domaine Woodfield devenu par la suite le cimetière-jardin Saint-Patrick. Le domaine Woodfield a été aménagé à l'origine par l'École pittoresque d'architecture paysagère. Celui consiste en une villa d'époque placée en position assez centrale sur le domaine et dont la façade ouvre sur un  grand parterre gazonné avec des bosquets d'arbres isolés. La perspective est circonscrite par des boisés pour cacher certaines constructions ou aménagements inesthétiques, ce qui permet de conserver l'aspect bucolique des lieux. En 1948, ce paysage est encore présent parce que les tours à condominiums de la rue du Maire Beaulieu n'ont pas encore été construites. La présence du boisé Woodfield prend toute sa signification après la construction de ces tours, car il crée un écran visuel essentiel pour préserver et restaurer l'aspect rustique des paysages naturalisés du grand domaine Woodfield devenu le cimetière Saint-Patrick.

Selon l'avis des experts du Conseil du patrimoine culturel du Québec (CPCQ) et de l'expert en foresterie Jean Bousquet, il est impossible de construire le projet Woodfield Sillery sans détruire cet écran visuel nécessaire au maintien des grands principes de l'École pittoresque et de l'esprit de la création du Site patrimonial de Sillery. De plus, s'il y a destruction de cet écran visuel, il serait impossible d'en constituer un autre adjacent au projet Woodfield Sillery puisque le contrat de vente contient une servitude de vue qui empêcherait le cimetière de planter des arbres de plus de 12 pieds dans la bande adjacente au projet immobilier.

Le lobby auquel Monsieur François Bourque fait référence dans sa chronique est composé d'organismes avec peu de ressources financières dont la survie dépend du bénévolat de leurs membres. Ils représentent cependant des dizaines de milliers de Québécois, la Fédération Histoire Québec comptant à elle seule environ 60 000 membres. À cela viennent s'ajouter les milliers de personnes qui ont signé les différents pétitions et les centaines de citoyens et organismes qui sont intervenus lors des consultations publiques du CPCQ au printemps 2013 pour demander la conservation et la mise en valeur des Grands domaines et le recyclage des bâtisses existantes avec une possible extension pavillonnaire de celles-ci.

Préoccupation économique et de santé publique

Au-delà de l'aspect patrimonial de ce dossier, il existe d'autres raisons de conserver ce boisé. La première en est une de santé publique. On sait que les boisés captent les polluants atmosphériques qui causent plus de 300 décès par an, 300 000 jours d'activités réduites par an et 500 000 jours d'épisodes respiratoires aigus par an dans la population de la communauté de Québec. Or, selon les données du CERFO, la Ville de Québec est en déficit de canopée - étage supérieur de la forêt - si on la compare aux objectifs des autres villes soucieuses de la santé de leurs citoyens comme Montréal, Toronto, Vancouver et New York.

L'autre aspect important de ce dossier est l'aspect économique constitué par le potentiel de développement de l'offre touristique de Québec. La conservation, la mise en valeur et le réseautage des sites patrimoniaux et naturels situés sur un territoire allant du Vieux-Québec au Vieux Cap-Rouge, dont les Grands domaines de Sillery constituent l'une des pièces maîtresses, auraient le potentiel de prolonger le séjour des touristes culturels, avec des retombées économiques potentielles évaluées approximativement à 200 millions $ par an. 

Pour toutes les raisons énumérées ci-haut, il nous apparaît essentiel de ne pas commettre l'irréparable par manque de vision à long terme. Par manque de réflexion, il ne faudrait surtout pas passer à côté d'un développement durable de ce site qui soit le plus rentable au point de vue de l'identité, de la santé et de la richesse économique des Québécoises et des Québécois.

Johanne Elsener, présidente

Héritage Québec

Québec

Louis Vallée, président

Société d'histoire de Sillery

Michel Bonnette urbaniste

ex-directeur de la Division Vieux-Québec et patrimoine à la Ville de Québec et ex-directeur scientifique à l'Organisation des villes du patrimoine mondial

Marcel Junius urbaniste émérite

ex-président de la Commission des biens culturels du Québec, ex-directeur général du patrimoine au Ministère de la culture et récipiendaire du Prix du Québec pour le patrimoine 2003

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