Point de vue

Les garderies, autre champ de bataille entre le privé et le public

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Le Soleil

La décision du gouvernement Marois de refuser aux garderies privées non subventionnées le droit de se muter en CPE envoie un message fort. L'intérêt public sera désormais assumé par les fonds publics, nonobstant les coûts et les délais. Le régime libéral de Jean Charest avait une tout autre approche : à court de sous, l'État s'en remettait à l'initiative privée. Nombreux flairèrent la bonne affaire et les garderies privées foisonnèrent, d'autant que le manque de places devenait criant et que les plus fortunés étaient disposés à en payer le prix. Et qu'elles poursuivent cette mission, ce modèle d'affaires, rétorque la ministre Nicole Léger à ceux qui s'offensent du choix de ne pas convertir en places à 7 $ celles vacantes dans le réseau privé. Elle aurait pu ajouter que ces places constituent un coussin, une réserve qui pourra toujours dépanner les plus fortunés, mais elle s'en garda bien.

Ce changement de cap fut assez mal reçu, tant et si bien que Françoise David y voit du dogmatisme, François Legault un manque de pragmatisme, Michel David de l'aveuglement idéologique ou tout simplement de l'étroitesse d'esprit. Que se cache-t-il derrière cette sotte orientation?

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a peut-être donné un début d'explication à ce virage à 180 degrés. La construction des hôpitaux en PPP va coûter cher; il n'y en aura plus. Le privé qui a servi de carte de crédit pour lancer des projets en santé ou en éducation devra, semble-t-il, faire cavalier seul. Le gouvernement reste discret, évite de faire des vagues et de heurter les gens d'affaires, mais ses silences en disent long sur ses intentions. Le privé pourra toujours servir les bien nantis, mais désormais, le gouvernement veillera à mieux protéger tous et chacun, à mieux défendre les plus démunis, à réduire les coûts et à établir les meilleurs standards, mais surtout à élargir l'accessibilité et à fournir à tous des services où l'intérêt premier sera celui de l'enfant ou du vieillard, où le profit premier sera celui de la famille ou de la société. Les injustices et les abus de toutes sortes qui surgissent de partout, ici comme ailleurs, doivent cesser. L'État sera désormais au coeur des structures et des institutions qui sont au service du bien commun. Qui d'autre peut le faire mieux que lui?

Sur ce champ de bataille où s'affrontent les forces du privé et celles du public, le sol est déjà couvert d'éclopés, de parents au revenu modeste qui doivent débourser gros pour leur poupon alors que d'autres mieux pourvus ne paient que le minimum, de malades qui attendent des soins alors que d'autres au revenu plus élevé y ont droit dans de meilleurs délais, de gens âgés, souvent en perte d'autonomie, qui doivent prendre leur mal en patience alors que d'autres d'une classe plus aisée ont les moyens d'une solution. Oui, sur ce champ de bataille où s'affrontent deux idéologies, deux visions de la justice sociale, deux conceptions du rôle de l'État, le gouvernement a pris fermement position, mais, semble-t-il, il ne pourra compter sur une alliée naturelle, Québec Solidaire. Françoise David et Amir Khadir, sur ce terrain, risquent d'y perdre leur âme.

Jacques Lamarche, Sainte-Geneviève-de-Batiscan

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