Point de vue

Jusqu'où un gouvernement peut-il compromettre la compétitivité d'une entreprise privée?

Si personne ne conteste que le gouvernement a... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Si personne ne conteste que le gouvernement a un rôle important à jouer dans le maintien et la création d'emplois, doit-il aller jusqu'à poursuivre une entreprise pour qu'elle maintienne des activités non rentables?

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Le Soleil

Dans la cause juridique opposant le gouvernement du Québec à Air Canada à la suite de la fermeture d'Aveos, en 2012, il revient aux tribunaux le soin de juger si l'entreprise, bien qu'elle emploie toujours aujourd'hui plus de 2 400 personnes affectées à l'entretien de sa flotte, dont plus de 750 à Montréal, respecte les obligations prévues à la loi.

Cette affaire soulève néanmoins certaines questions cruciales : dans quelle mesure une loi, tout aussi bien intentionnée qu'elle puisse être, doit-elle compromettre la compétitivité d'une entreprise privée, et quel rôle doit jouer le gouvernement pour favoriser le maintien et la création d'emplois?

Selon l'information dont nous disposons, lorsqu'Aveos a été créée, en 2004, Air Canada semble avoir fait beaucoup pour aider l'entreprise à développer le marché de l'entretien d'avions en l'appuyant financièrement, entre autres, et en lui accordant différents contrats d'entretien pour ses appareils.

Ces contrats devaient assurer à Aveos la stabilité financière nécessaire afin qu'elle puisse développer son modèle d'affaires en diversifiant sa clientèle. Comme toute entreprise privée, le succès d'Aveos était alors tributaire de sa capacité de concurrencer efficacement ses compétiteurs tant par la qualité de ses services que par leur prix.

Cependant, force est d'admettre qu'au fil des ans Aveos n'a pas réussi à demeurer compétitive et à se positionner solidement et durablement devant ce marché de niche et cette clientèle spécifique.

Qu'Aveos n'ait pas réussi à diversifier sa clientèle démontre qu'elle n'était probablement pas compétitive et que, ainsi, Air Canada payait plus cher que si elle avait fait des affaires avec d'autres fournisseurs : ce qui nous ramène à la question fondamentale que nous posons dans le titre qui, d'une part, soulève l'enjeu crucial de la compétitivité des entreprises et, d'autre part, le rôle que doit jouer le gouvernement à cet égard.

Soulignons au passage que, dans l'industrie des services aériens, la concurrence est forte, les marges de profit des entreprises sont extrêmement minces et les facteurs de risque, omniprésents. La compétitivité d'un transporteur aérien dépend donc en grande partie de sa capacité à contrôler rigoureusement ses frais d'exploitation.

Si personne ne conteste que le gouvernement a un rôle important à jouer dans le maintien et la création d'emplois, doit-il aller jusqu'à poursuivre une entreprise pour qu'elle maintienne des activités non rentables? Il semble ainsi nécessaire de s'interroger sur les changements législatifs à apporter et sur les actions à poser par nos gouvernements.

Bref, au-delà des bonnes intentions, nous devons affronter la réalité économique. Par leurs actions, nos gouvernements doivent favoriser d'abord et avant tout la compétitivité des entreprises et les inciter à investir davantage dans notre économie, dans une optique de collaboration et de partenariat d'affaires, et non dans une optique de contrainte judiciaire.

Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec

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