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Mémorandum de femme Innue

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Les richesses de ce pays n'appartiennent pas qu'aux Canadiens, elles appartiennent aussi et surtout aux Premières Nations d'Amérique, soutient l'auteure.

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Le Soleil

Vient un jour où la souffrance devient trop grande pour être ignorée. Elle se révèle alors être un abîme sans fin aux yeux de ceux qui l'ont désavouée. Toute ma vie, j'ai dû porter en moi une partie du fardeau de la juste preuve de l'existence à laquelle nous avons droit, nous les Premières Nations d'Amérique. Une existence conforme aux souhaits de nos ancêtres et non pas une existence conforme aux us et coutumes du peuple blanc que nous avions alors accueilli sur nos terres ancestrales. Tandis que le germe d'une ignorance pernicieuse fait son chemin dans le cerveau de certains humains à la lecture de cette phrase toute simple, il n'en demeure pas moins que c'est un fait incontestable. Seuls les primitifs, les sauvages oseraient réfuter cela, car nous, les Premières Nations d'Amérique, connaissons notre histoire, celle qui fût vraiment, celle qui est alors que vous lisez ces lignes.

Les richesses de ce pays n'appartiennent pas qu'aux Canadiens, elles appartiennent aussi et surtout aux Premières Nations d'Amérique alors que sont puisés à même notre patrimoine, et souvent sans notre consentement, les revenus qui ont permis à ce pays de s'épanouir mondialement depuis les colonies.

Dorénavant, nous, les Premières Nations d'Amérique, sommes en droit d'exiger une reconnaissance absolue pour notre contribution au développement de l'économie canadienne par le biais de redevances dont la légitimité ne peut être retardée plus encore alors que s'effectue actuellement, dans nos territoires ancestraux, ce que l'on appelle de la mise en valeur du territoire.

D'abord, nous, les Premières Nations d'Amérique sommes en droit d'exiger des compensations justes et objectives pour la destruction des habitats où sont situés les territoires ancestraux et où était pratiqué et enseigné depuis des temps immémoriaux un mode de vie rythmé par les saisons. Plus important, nous avons plus que jamais, alors que nous subissons tous le réchauffement climatique de notre Mère la Terre, le droit d'intervenir lorsque les politiques environnementales mises en place par les gouvernements tourmentent l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. En tant que peuple fondateur de ce pays, nous avons le droit de nous objecter à tout excès de pouvoir lorsqu'incohérent à nos aspirations actuelles et futures. Lesdites objections sont viscérales et nous avons le devoir d'exiger une participation réelle sur des projets qui affectent tout aspect de notre culture et son mode de vie et dont les impacts, souvent trop importants, mettent en péril l'avenir de nos enfants, mais aussi celui de vos enfants.

Alors que se dessine une autre période sombre de notre histoire commune, il m'apparaît essentiel de rappeler aux Canadiens le sacrifice ultime qui a cours en ce moment sur une île de la rivière des Outaouais. Votre avenir dépend du notre, nous sommes toujours là, médecins, avocats, enseignants, ingénieurs autochtones. Et puis, il y a le silence des plus pauvres de nos gens qui hurle à toute heure du jour. Vous l'entendez?

Nous, les Premières Nations d'Amérique exhortons tous les Canadiens à oeuvrer dans un seul et même but, celui de protéger notre Mère à tous, la Terre. Nous le faisons car c'est à la lumière des aurores boréales que sont contées les plus belles légendes. Idle no more.

Carole Labarre, Uashat-Sept-Îles

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