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Vos réactions à la chronique La leçon de morale de Blandine Parchemal de Gilbert Lavoie (1)

.... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Photo Alain Roberge, archives La Presse

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Le Soleil

Pas sérieux

J'ai pris connaissance de cette chronique de monsieur Lavoie, chroniqueur qui, d'habitude et malgré ses antécédents politiques au défunt PPC sous Brian Mulroney, m'a toujours paru équilibré et pertinent.

Je comprends que M. Lavoie ressente de la frustration par rapport au Sommet sur l'éducation du gouvernement péquiste. J'observe d'ailleurs que cette frustration semble transcender les partisans des diverses formules de financement de nos universités. Il m'apparaît néanmoins approprié de rappeler que la discrimination basée sur la nationalité est une pratique généralement prohibée. Rien d'illégal ici, évidemment, il s'agit d'une opinion. Mais j'ose espérer que votre quotidien ne songe pas à accepter que ses chroniqueurs se complaisent dans l'attaque ad hominem et dans les préjugés fondés sur la race, la nationalité ou l'origine ethnique. Ça ne ferait pas sérieux.

Je trouve dommage que M. Lavoie se soit laissé aller dans une telle voie, d'autant plus que sur le fond du commentaire, il peut avoir raison: Mme Parchemal semble trahir une certaine méconnaissance de notre réseau universitaire, méconnaissance gênante dans la mesure où elle est une porte-parole d'une organisation étudiante qui crie pour se faire prendre au sérieux.

Maxime Gagné, Val-d'Or

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Mme Parchemal n'est pas une sous-personne...

Je vous écris aujourd'hui afin d'exprimer ma consternation face à cette chronique de Gilbert Lavoie. De tels propos sont indignes d'un journal prétendument sérieux.

Permettez-moi d'abord de me présenter. Je m'appelle Gabrielle Ladouceur-Despins, je suis étudiante en communication à l'Université de Montréal (représentée par la FEUQ), et Québécoise de souche, née à Montréal. Si cette introduction parait ridicule, elle devrait néanmoins me donner droit de parole, selon les critères de votre chroniqueur.

Qu'une chronique critique l'ASSÉ, le mouvement étudiant, ou les différentes positions défendues par les participant-e-s au Sommet est tout à fait normal. Dans une société démocratique, pareils débats apparaissent non seulement sains, mais essentiels. Ainsi, si je désapprouve personnellement les raccourcis et les petites pointes utilisés dans cette chronique, notamment sur l'inutilité supposée de chiffrer les coûts de la gratuité scolaire, je serais prête à me battre pour offrir une tribune à M. Lavoie pour exprimer son opinion à cet effet, dans le style qui lui convient.

Cependant, ce texte ne constitue pas une réflexion ou une critique du mouvement étudiant et de l'ASSÉ. Au mieux, nous sommes face à un gigantesque argumentum ad hominem, visant à personnaliser la discussion pour attaquer une exécutante étudiante. Au pire, un torchon xénophobe (et je pèse mes mots).

«Les Québécois ont l'habitude de se faire dicter la morale par leurs cousins français. Après tout, c'est la mère patrie, et puis ils s'expriment tellement bien... » Dès les deux premières phrases, le ton est donné, et on s'attend à une attaque en règle contre ces maudit-e-s Français-es. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la rhétorique et la maîtrise de la langue française deviennent suspectes aux yeux de l'auteur.

«Le problème, c'est que Blandine Parchemal n'est pas québécoise.» «Qu'est-ce qu'une Française fraîchement débarquée vient faire dans nos débats?» «Il me semble que ces gens n'avaient pas de temps à perdre avec les propos d'une étudiante étrangère qui devrait nous remercier de l'accueillir au Québec, au lieu de nous faire des cours de gouvernance». On ne peut que se demander, à la lecture de cet extrait, après combien de générations, après combien d'années au Québec, une personne a la légitimité de s'exprimer, selon M. Lavoie.

On croirait entendre un discours de Jean Tremblay, qui «n'aime pas que ces gens-là qui arrivent ici pis établissent leurs règles», ou un Elvis Gratton moderne, s'exclamant que «C'est pas un esti de Français qui va m'apprendre a couper du bois». Non seulement Mme Parchemal, de par ses origines françaises, n'aurait pas le droit de parole selon l'auteur, mais elle devrait se considérée chanceuse qu'on tolère sa présence. Le message est à peine couvert: si elle n'est pas contente, qu'elle retourne dans son pays.

À ces propos racistes, l'auteur ajoute un ton paternaliste et infantilisant: «Il y avait des gens importants (...) Il me semble que ces gens n'avaient pas de temps à perdre». Allez, petite, retourne jouer avec tes poupées, et arrête d'importuner les gens sérieux avec tes enfantillages.

Notons au passage que, parmi ces gens importants mentionnés dans la chronique, on ne retrouve aucun-e étudiant-e. C'est normal, puisque nous ne sommes pas ni touché-e-s ni impliqué-e-s, lorsqu'il est question d'éducation...

Être une jeune femme, étudiante au doctorat, et d'origine française ne fait pas de Blandine Parchemal, ou de qui que ce soit, une sous-personne. Elle a été élue pour représenter les positions de l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante. Les positions qu'elle amène et défend ne sont donc pas les siennes, mais celles de la deuxième plus importante association étudiante au Québec. Cette ridicule et odieuse tentative de dévier le débat, en usant de xénophobie et de sexisme ordinaire, n'y change rien.

Le Guide de déontologie du FPJQ rappelle le rôle primordial des journalistes et des médias, comme gardien-ne-s de la démocratie : Le rôle essentiel des journalistes est de rapporter fidèlement, d'analyser et de commenter le cas échéant les faits qui permettent à leurs concitoyens de mieux connaître et de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.

Une telle information complète, exacte et pluraliste est une des garanties les plus importantes de la liberté et de la démocratie.

Sous-entendre que l'implication politique d'une personne discrédite son opinion, comme le fait ce texte, est donc particulièrement irresponsable de la part d'un journal comme Le Soleil.

Pour toutes ses raisons, et à moins d'une rétractation de la part de Gilbert Lavoie et de votre journal, je déposerai une plainte devant le Conseil de Presse du Québec.

Gabrielle Ladouceur-Despins

Montréal

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