Point de vue

Hydro-Québec: Mme Marois fait fausse route

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Photo: Bernard Brault, La Presse

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Le Soleil

Le 3 décembre, nous apprenions que la première ministre du Québec donnait son aval au projet de minicentrale à Val-Jalbert au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mme Marois disait vouloir que le projet se réalise rapidement.

Difficile pour les syndicats de trouver une suite logique aux différentes annonces faites par le gouvernement depuis son élection. D'abord, souvenons-nous qu'en cours de campagne électorale, l'équipe Marois se proposait de refaire de la société d'État qu'est Hydro-Québec le bateau amiral de l'économie québécoise.

Sitôt élu, le gouvernement péquiste annonce la fermeture de la centrale Gentilly-2. Non pas qu'il s'agissait d'une surprise puisque cela concrétisait une promesse électorale, mais c'est dans la plus grande improvisation que l'annonce a été faite. C'est par les médias que les quelque 700 travailleurs de la centrale ont été avisés, eux qui, encore aujourd'hui, ont dans la gorge ce manque d'empathie. Rappelons-nous qu'une des raisons évoquées par la ministre des Ressources naturelles consistait dans les surplus d'électricité présentement disponibles au Québec.

Ensuite, le budget Marceau venait donner une autre douche froide aux travailleurs d'Hydro-Québec avec l'annonce cette fois de l'élimination de quelque 2000 postes chez leur employeur. On ne sait toujours pas aujourd'hui sur quelle base le gouvernement a appuyé cette décision, sinon simplement de mener une opération de rationalisation. À noter que jamais au cours de la campagne, l'équipe Marois n'a parlé de cette possibilité de couper des emplois chez Hydro-Québec. Même lorsqu'il était question de Gentilly-2, on laissait miroiter le développement d'une main-d'oeuvre spécialisée en la matière et les longues années nécessaires au déclassement. Il est vrai qu'on parle d'attrition, mais l'impact sur les travaux à réaliser n'en sera pas moins important. La charge de travail est bien présente, et de penser qu'elle peut être planifiée en fonction d'une main-d'oeuvre qui ne sera pas remplacée enlève beaucoup de sérieux à la démarche.

Début décembre, le gouvernement Marois vient mettre la cerise sur le sundae avec l'annonce de la minicentrale. Après avoir annoncé dans le budget Marceau qu'il déplafonnerait le bloc patrimonial et l'indexerait au coût de la vie, reniant du même coup une promesse électorale, il obligera Hydro-Québec à acquérir de l'électricité dont la société d'État n'a pas besoin. Nous avons l'impression d'avoir été bernés et la population doit partager ce sentiment.

Réjean Porlier, président du Syndicat des technologues d'Hydro-Québec, section locale 957 du SCFP-FTQ

Sept-Îles

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