Document

Musée et diversité culturelle

De gauche à droite, le consul  général... (Photo courtoisie Jessy Bernier)

Agrandir

De gauche à droite, le consul général de France à Québec, M. Nicolas Chibaeff, et M. Michel Côté, directeur général du Musée de la civilisation à Québec et nouvellement nommé Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres de la République française.

Photo courtoisie Jessy Bernier

Partager

Le Soleil

Allocution de M. Michel Côté, lors de la remise du titre d'Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres de la République française par le consul général de France à Québec, M. Nicolas Chibaeff, le vendredi 7 décembre 2012.

Au cours des dernières années, on a pu constater un double mouvement. D'abord, des échanges commerciaux et économiques ont renouvelé les rapports d'échanges entre les communautés et les États. La mondialisation sociale et culturelle aura confirmé que nous sommes dans un monde interdépendant et que la force des industries culturelles a conduit à une certaine uniformisation des manifestations et des expressions. Pourtant, on le sait, au même moment, des voix se sont levées pour réclamer le respect de la diversité culturelle, pour encourager la reconnaissance des territoires et des différences, pour respecter le nécessaire enracinement.

Cet équilibre délicat entre l'ouverture au monde et la valorisation de sa spécification constitue un enjeu crucial pour les collectivités.

Le Musée de la civilisation met de l'avant la question de la diversité et tente de présenter des aspects particuliers de la différence et de l'universalité. C'est dans le respect de ce que nous sommes que nous pouvons engager le dialogue et le partage.

Dans notre programmation, nous retrouvons des cultures millénaires ayant marqué notre imaginaire (Samouraï. Chefs-d'oeuvre de la collection Ann et Gabriel Barbier-Mueller), des expressions culturelles moins connues qui pourtant auront renouvelé le regard sur l'art et l'expression culturelle (Arts du Nigeria dans les collections privées françaises), des démarches de communautés cherchant à faire reconnaître l'importance et la place de leur culture (E t? Ake - M?ori debout), des regards sur le parcours historique des Québécois et sur les objets qui sont devenus de véritables références pour la société québécoise (Le Temps des Québécois, Objets de référence...). Bref, notre projet muséal a placé la question des cultures du monde au coeur de nos préoccupations.

Au cours des prochains mois, le Musée entend explorer de façon particulière les liens qui unissent le Québec à d'autres sociétés. Ainsi, après Rome, il sera question de Paris.

Il est vrai que la relation qui unit le Québec à la France est particulière et que nous partageons non seulement une langue, une histoire, mais aussi un présent. De nombreuses manifestations muséales ont témoigné de cette complicité: des expositions au Québec au Musée de la civilisation, au Musée de l'Amérique française ou au Centre d'interprétation de Place-Royale; des expositions en France à Paris, à Grenoble, à Rennes, à Bordeaux; auxquelles s'ajoutent de nombreuses activités culturelles autour de la littérature, de la musique, des technologies, du savoir...

Avouons-le, les échanges Québec/France auront aussi permis de faire évoluer nos muséologies et nos muséographies respectives. La participation à des comités scientifiques (Museum d'Histoire naturelle, Musée de l'Homme, Musée de l'Europe et de la Méditerranée...), les coproductions, l'accueil d'expositions ou de collections en provenance de musées nationaux et régionaux, la création d'institutions comme le Musée des Confluences à Lyon auront fait en sorte que les visiteurs européens et américains auront eu accès à de nouveaux savoirs et à de nouvelles mises en valeur.

Je dois cependant confesser que le Musée des Confluences possède une collection exceptionnelle d'oeuvres inuit que pourraient lui envier de nombreuses institutions québécoises.

Le Musée de la civilisation entend poursuivre ces démarches d'échanges et de partenariats avec la volonté d'enrichir ses manières de faire et de dire. Il entend surtout explorer l'enjeu fondamental de la diversité culturelle. Comment vivre ce que Jean Daniel appelait l'enracinement universel? Nous croyons que la collaboration Québec/France nourrit cette réflexion et que les musées constituent en cette matière des laboratoires incontournables. En effet, les musées sont des lieux de formation continue et permettent aux visiteurs d'entrer en contact avec des objets rares et précieux et surtout avec les autres sociétés. Visiter un musée, c'est s'offrir un espace de connaissance, d'émerveillement et de réflexion.

Or, travailler avec la France c'est aussi travailler avec un espace commun: celui de la francophonie. Dans les prochains mois, nous comptons bien continuer dans cet esprit de découverte et de mise en valeur de cet espace. Les musées sont le reflet de la complexité et du dynamisme du monde : ils doivent s'engager à en décoder les mécanismes.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer