Témoignage

Le plus grand architecte des temps modernes est décécé

La Cathédrale métropolitaine Notre-Dame de l'Apparition de Brasilia... (Photo AFP)

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La Cathédrale métropolitaine Notre-Dame de l'Apparition de Brasilia est une oeuvre du célèbre architecte Oscar Niemeyer consacrée à Notre-Dame d'Aparecida (Wikipedia)

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Le Soleil

Je pense ce matin, alors que l'aube n'a pas encore pointé, à Oscar Niemeyer qui fut mon maître spirituel et un homme de premier plan au Brésil.

Plus qu'un grand architecte, il illustrait avant tout la résilience du peuple brésilien, sa lutte pour la survie dans un contexte socio-économique, encore aujourd'hui d'une très grande cruauté envers les intellectuels et les artistes brésiliens. Strates de la société qu'il a appuyées dans un geste avant tout symbolique, en choisissant l'exil sous la dictature militaire, alors qu'il aurait pu tout aussi bien rester au pays de la bossa nova et de Tom Jobin. Il avait choisi la France où De Gaulle l'avait accueilli à bras ouverts, d'après ce qu'il m'avait confié. Douce France, où il s'était lié d'amitié avec Pablo Picasso.

Juif d'origine, Niemeyer parlait un excellent français, ce qui m'avait permis de rédiger, ne parlant pas encore portugais à l'époque, «Oscar Niemeyer: le poids des rêves», troisième article d'un grand reportage publié dans le cahier du samedi de La Presse. Sans lui, je ne serais sans doute jamais retourné au Brésil par la suite, car ce jour-là, très ému qu'il m'ait accueilli dans la suite de son hôtel à Sao Paulo, il s'était ouvert au jeune reporter que j'étais parce qu'il avait une profonde admiration pour le Québec.

Cet homme est devenu mon maître à penser et cette rencontre, en ce jour pluvieux de 1990, demeure la plus marquante de ma vie. Je l'avais écouté pendant plus de deux heures, et lui, en retour, m'avait offert son amitié en m'invitant chez lui à Rio de Janeiro, d'où il était natif et où il possédait un immense atelier donnant sur la plage de Copacabana.

Je n'oublierai jamais ce grand homme, car il était avant tout un poète, le poète des formes aériennes qu'évoquent des oeuvres géniales parsemées à travers la planète. Formes qu'il associait au corps... féminin. Je le revois encore, les yeux mi-clos, vêtu d'un blazer bleu, la main suspendu dans les airs, tout comme s'il «la» touchait.

Merci, Oscar, de m'avoir donné le goût des femmes, du beau, du vrai et de l'éternité.

Claude Archambault, Outaouais

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