Point de vue

Ouverture du Nord: les dépenses s'accumulent, les impacts environnementaux aussi

Plusieurs s'indignent du coût du prolongement de la... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Plusieurs s'indignent du coût du prolongement de la route 167 au nord de Chibougamau, mais, selon l'auteur, l'indignation devrait être aussi grande sur le plan écologique, car cette route marque le début d'un véritable boom de projets routiers et ferroviaires visant à «ouvrir le Nord» du Québec.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

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Le Soleil

Plusieurs s'indignent, à juste titre, des centaines de millions qui seront dépensés par l'État pour prolonger la route 167 au nord de Chibougamau, et ce, afin de permettre aux minières d'accéder aux monts Otish.

Mais l'indignation devrait être aussi grande sur le plan écologique, car cette route marque le début d'un véritable boom de projets routiers et ferroviaires visant à «ouvrir le Nord» du Québec. On n'a qu'à penser au chemin de fer entre Sept-Îles et Labrador City, aujourd'hui en pleine évaluation environnementale, qui s'étalerait sur plus de 500 km. Ou encore les liens proposés entre Schefferville et Kuujjuaq, Natashquan et Blanc-Sablon, Radisson et Kuujjuaraapik, Chibougamau et la route Trans-taïga...

Même lorsque considérés séparément, ces projets ne sont pas anodins. La majorité traverserait des territoires presque vierges, dont l'isolement constituait jusqu'à présent la meilleure garantie de conservation. Ces routes et chemins de fer amèneront d'autres formes de développement, contribuant ainsi à la fragmentation des écosystèmes - cause principale du déclin de la biodiversité à l'échelle planétaire.

Mais c'est l'impact cumulatif de toutes ces interventions qui fait craindre le pire. Le Nord québécois ressemblera-t-il bientôt à celui des provinces de l'Ouest, quadrillé par des infrastructures de tout acabit? Ces provinces constatent aujourd'hui les conséquences du développement anarchique des accès au territoire: le déclin inexorable du caribou forestier et de l'ours grizzli en est un triste exemple.

Le Québec doit dès maintenant se doter d'une stratégie de développement nordique qui prenne en compte l'impact cumulatif des infrastructures. Il ne s'agit pas d'empêcher tout développement ni de renoncer à désenclaver certaines communautés qui le souhaitent depuis longtemps, mais bien de réfléchir globalement avant de lancer des projets tous azimuts. Concrètement, cela veut dire mettre en place une planification écologique qui permette de protéger les territoires importants avant même d'envisager tout développement. Tout comme initier une évaluation environnementale stratégique (ÉES) sur cet enjeu pour le territoire situé au nord du 49e parallèle.

Lorsqu'ils étaient dans l'opposition officielle, les députés péquistes, qui forment aujourd'hui le gouvernement, critiquaient le Plan Nord pour son approche «Far West». Ils avaient raison sur ce point. Espérons qu'ils mettront en place l'approche plus prudente qui s'impose.

Patrick Nadeau, directeur général

SNAP Québec

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