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L'Égypte détient la clef de la solution à Gaza

Ceux qui protestent parce que les marchandises entrant à Gaza sont  contrôlées... (Photo AFP)

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Le Soleil

Ceux qui protestent parce que les marchandises entrant à Gaza sont contrôlées par les autorités israéliennes devraient se poser les questions suivantes :
- Comment a-t-on réussi à infiltrer - dans ce qui est souvent décrit comme une prison à ciel ouvert - des milliers de roquettes et des missiles qui font l'envie de bien des armées du monde?
- Qu'est-ce qui a déclenché la confrontation actuelle?
- Comment déminer la situation?

En 2005, Ariel Sharon, alors premier ministre israélien, fit évacuer la bande de Gaza. Deux ans plus tard, les forces du Hamas en défenestrèrent les représentants de l'OLP. Pourtant, malgré la volonté de l'Égypte et d'Israël de contenir le Hamas, les tunnels qui se trouvaient à la frontière égyptienne ont permis de faire un trafic d'armes florissant. Il se pourrait fort bien que la vénalité des autorités égyptiennes locales, voire même la volonté de certains généraux égyptiens de vouloir renégocier la démilitarisation du Sinaï en vertu des accords de Camp David en 1979, ait permis aux forces intéressées à déstabiliser la région d'utiliser à leurs propres fins la passoire qu'est devenue la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte.

La question qui se pose alors est : Qui sont ces forces déstabilisatrices? Avant tout, l'Iran dont les ambitions géopolitiques s'étendent jusqu'à la Méditerranée et notamment au Sud de l'Irak, en Syrie, au Liban par le Hezbollah - également armé jusqu'aux dents par des dizaines de milliers de missiles - et à Gaza par le Hamas. La Turquie et le Qatar ont offert des centaines de millions de dollars au Hamas de Gaza afin de le détacher de l'influence iranienne. Or, le mouvement du Djihad islamique à Gaza se conforme directement aux ordres iraniens et déclenche des opérations que même le Hamas ne veut pas nécessairement. Les bombardements aveugles de la population civile israélienne avec des missiles, dont la portée est de plus en plus grande, ont pour but d'empêcher que le Hamas ne devienne dépendant d'autres pays que l'Iran. Qui plus est, l'intervention recherchée de l'armée israélienne ne peut que détourner l'attention des massacres perpétrés au grand jour par l'armée syrienne soutenue par l'Iran et de la nucléarisation de l'Iran.

Comment déminer la situation? Le conflit du Moyen-Orient a servi d'exutoire durant plusieurs décennies pour maintenir en place les dictateurs de la région. Le Printemps arabe s'est finalement insurgé contre ces dictateurs et l'on s'est révolté contre les carences endogènes. Or, les mouvements islamistes ont gagné les élections à la grande surprise des libéraux qui ont souhaité assainir la gouvernance de leur pays. L'Iran a misé sur la carte anti-israélienne à outrance pour pénétrer dans les pays de la région et neutraliser la mouvance anti-chiite des pays sunnites. La Turquie, autre pays à gouvernement islamique, s'est lancé tête baissée pour soutenir le Printemps arabe tout en martelant des discours anti-israéliens. L'Égypte pourrait être tentée par la surenchère anti-israélienne en vue de consolider son pouvoir, d'autant que des messages de haine ont été émis par les Frères musulmans au fil des années.

L'Égypte, maintenant gouvernée par les Frères musulmans, soit la même idéologie que le Hamas, détient peut-être la solution opératoire au conflit. L'Égypte a besoin du traité de paix avec Israël, de l'appui américain, de répondre aux besoins d'une population qu'elle ne veut pas voir sombrer dans la misère et tient par ailleurs à rétablir son influence dans la région. En assurant la fermeture de Gaza aux missiles iraniens, l'Égypte peut se porter garant d'un cessez-le-feu immédiat. Demain, les missiles iraniens pourront être porteurs d'une bombe sale, ce que personne au monde ne souhaite.

Pour l'instant, les centrifugeuses iraniennes tournent à pleins gaz, et les missiles iraniens pleuvent sur Israël éloignant de plus en plus le degré de confiance qui doit régner pour progresser vers la paix.

Dr David Bensoussan, professeur à l'Université du Québec

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