Les associations étudiantes doivent s'inspirer de leur propre loi

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Réaction à l'éditorial «Démocratie étudiante ou anarchie?» de la journaliste Brigitte Breton

Je suis tout à fait d'accord avec le contenu de l'éditorial de Mme Brigitte Breton à l'effet d'imposer un cadre démocratique pour la tenue d'un vote de grève pour les associations étudiantes. En effet, on ne peut permettre à une infime minorité d'étudiants inscrits dans une faculté (9%) d'imposer à une très grande majorité un vote de grève comme ce fut le cas récemment pour les étudiants en service social de l'Université de Montréal.

Ce résultat est non seulement antidémocratique, mais il est aussi contraire à l'esprit de la loi 32, loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants. Cette loi, je l'ai pilotée en 1983, à titre de secrétaire général du Regroupement des associations étudiantes universitaires du Québec (RAEU). En effet, à l'article 10.1 de la loi 32, il est bien indiqué que pour être reconnue, une association étudiante doit tenir un scrutin secret où au moins 25% des étudiants inscrits voteraient et qu'une majorité d'entre eux y seraient favorables. Avec un tel quorum minimal, ce droit de grève devrait être limité dans le temps (1 à 2 semaines maximum) et être reconfirmé si les étudiants désirent poursuivre la grève.

Je sais, diront certains, que le quorum de 25% des étudiants inscrits n'est pas très élevé, mais n'oublions pas que les étudiants ne sont pas tous en même temps sur le campus, que certains d'entre eux sont à temps partiel et que d'autres sont en stage à l'extérieur du campus. Une association étudiante a des devoirs démocratiques envers ses membres qui la financent par des cotisations à la source. Il n'est pas normal qu'une infime minorité d'entre eux bloque l'accès aux cours à une majorité, sans légitimité démocratique.

Par ailleurs, les étudiants ont toujours eu un droit de grève officieux, même si celui-ci n'est pas reconnu dans la loi 32. À mon époque, nous voulions faire reconnaître ce droit de grève, mais nous avons obtenu tout de même une formule Rand adaptée pour les cotisations à la source et la nomination des étudiants sur les structures des universités et cégeps. N'oublions pas que le droit de grève est reconnu par ailleurs aux professeurs et aux employés de soutien des universités. Par conséquent, l'accès à l'éducation n'est pas un droit immuable, comme semblent l'interpréter certaines injonctions accordées à des étudiants lors du conflit le printemps dernier.

Cette reconnaissance du droit de grève écarterait les éléments qui ne cherchent qu'à noyauter, déstabiliser et discréditer le mouvement étudiant. À mon époque, la loi 32 sur la reconnaissance et le financement des associations étudiantes a permis de diminuer pendant longtemps l'influence et la pratique totalitaire de groupuscules dits «d'extrême gauche marxiste-léniniste» qui avaient réussi à prendre le contrôle de l'Association nationale des étudiants du Québec (ANEQ). Autre époque, même problème et même solution, particulièrement face aux injonctions arbitraires qui ne font qu'attiser le chaos et donner encore plus d'importance aux groupuscules anarchistes qui, comme nous le savons tous, ont un autre agenda que celui de favoriser la qualité et l'accès à l'éducation.

Jean Baillargeon, ex-leader étudiant

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