Point de vue

PPU Plateau centre de Sainte-Foy: la qualité de vie des résidents d'abord

Tout cela donne à penser que le PPU... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Tout cela donne à penser que le PPU du plateau de Ste-Foy a été conçu davantage au profit des promoteurs immobiliers qu'à celui des résidents du quartier, soutiennent les auteurs.

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Le Soleil

À n'en pas douter, nos concitoyens de Sainte-Foy ont à coeur leur quartier et sont préoccupés par l'avenir qu'on lui réserve. Qu'ils aient assisté aussi massivement (ils étaient près de 1000 au total) aux séances d'information et de consultation sur le programme particulier d'urbanisme (PPU) le démontre sans équivoque. Qu'avaient-ils donc à dire?

Le projet de PPU procède d'une intention louable: prévoir l'avenir d'un quartier et établir les principes et règles qui baliseront son développement. Il n'en souffre pas moins d'une déficience majeure: il opte pour une densification qui ne prend pas suffisamment en compte sa vocation résidentielle et le type d'habitation qui en fait la marque depuis les années 1950. Qu'un quartier central accueille des bâtiments en hauteur s'entend, en théorie. Mais ce quartier central qu'est le plateau centre de Sainte-Foy n'est pas qu'une porte d'entrée de la ville avec sa concentration d'hôtels, de centres commerciaux et de bureaux d'affaires. C'est aussi et surtout un damier d'îlots résidentiels, d'artères de voisinage, d'établissements d'enseignement, de parcs et d'équipements sportifs ainsi que d'institutions communautaires. Bref, il s'agit non pas d'une zone dévastée où tout est permis, mais d'un véritable milieu de vie dont le coeur continue à battre quand les touristes dorment, que les centres commerciaux ont fermé leurs portes et que l'heure de pointe est écoulée. Et puis, les zones résidentielles sont dominées par des maisons de un ou deux étages qui, lors de leur construction dans les années 50 et 60, n'étaient pas conçues pour être un jour encerclées par des colonnes d'immeubles de six, huit ou dix étages. L'ombre et la lumière ont été souvent invoqués lors des interventions citoyennes. Car le PPU, tel que conçu, fait inutilement de l'ombre et prive de lumière. À coup sûr, il changera la vie de milliers de citoyens qui n'avaient pas choisi ce type d'environnement urbain.

Et puis, il y a une autre chose qu'il faut tirer au clair. Les élévations envisagées sur le côté nord du boulevard Laurier soulèvent des doutes. Sur le côté sud, la limite est fixée à dix étages, ce qui est raisonnable sur une artère de grand gabarit. Sur le côté nord, en revanche, on a le sentiment que les élévations ont été établies en fonction de la tête du client, le propriétaire du terrain : ici, 15 étages, à côté 25, et, un peu plus loin, 29. À quoi cela rime-t-il? Quel principe urbanistique peut être invoqué? Il faudra que l'on donne des explications limpides pour balayer nos soupçons de «spot zoning» à la faveur de promoteurs avides et pressés pour lesquels le PPU deviendra une sorte de sauf-conduit à l'abri des consultations obligées ou des référendums.

Tout cela donne à penser que le PPU du plateau de Ste-Foy a été conçu davantage au profit des promoteurs immobiliers qu'à celui des résidents du quartier. Bien sûr, il prétend viser la mixité des fonctions et rechercher l'équilibre entre les besoins variés à satisfaire dans un quartier central. Mais, dans le cas qui nous intéresse, l'équilibre n'y est tout simplement pas. Les hauteurs qu'on entend permettre, en plusieurs endroits, sont de nature à rompre l'harmonie naturelle qui s'était créée au fil des décennies et qui conférait à cette zone de notre ville une personnalité propre. Elles sont de nature à ravir les promoteurs immobiliers qui se préoccupent davantage du rendement de leurs investissements que de la qualité de vie des citoyens. Mais elles auront justement pour conséquence d'altérer la qualité de vie des résidents : quand on élève un immeuble de huit ou dix étages à votre porte ou dans votre cour, on introduit un corps étranger nuisible et haïssable dans votre environnement habituel.

L'administration actuelle doit, avec humilité, refaire ses devoirs. Son projet de PPU présente un grand intérêt; il n'en est pas moins perfectible. La consultation des citoyens, fût-elle expéditive, aura servi à rappeler aux élus, avec autant de conviction que de modération, que leurs rêves et leurs projets n'ont de sens que s'ils assurent d'abord la qualité de vie des citoyens. Il faudra mettre encore un peu de temps pour éliminer les irritants majeurs et aboutir à un projet consensuel. La chance est donnée à nos élus de créer un projet-phare, enthousiasmant et durable. Il ne faut pas risquer de créer l'effet contraire en précipitant, sans raisons valables, les décisions du conseil municipal et du conseil d'arrondissement. L'échéancier qui prévoit que tout sera «canné» avant le passage du Père Noël doit être révisé. Comme le dit le proverbe, «le temps se charge de défaire ce que l'on fait sans lui».

David Lemelin

Chef de Québec autrement et candidat à la mairie

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