Point de vue

Transport et congestion: leadership nécessaire!

En perturbant le transport des travailleurs, des touristes... (PHOTO: BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

En perturbant le transport des travailleurs, des touristes et des marchandises, la congestion permanente nuit à l'économie de Montréal et mine sa réputation.

PHOTO: BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Partager

Le Soleil

Alors que se tenait cette semaine la conférence EV 2012 VÉ à Montréal, le plus grand rendez-vous de l'industrie du véhicule électrique au Canada, il est bon de rappeler que se tenait, la semaine passée, une rencontre du Conseil des ministres responsables des transports et de la sécurité routière du Canada. Rien ou presque n'en est sorti à propos de l'un des pires maux qui affectent la vitalité de notre économie: la congestion routière de nos villes.  

Pourtant, dans un rapport produit par le même conseil des ministres, on y citait une étude de Transport Canada chiffrant les coûts annuels de congestion entre 3,1 et 4,6 milliards de dollars pour neuf des plus grands centres urbains du Canada. Étude ne prenant même pas en compte les coûts liés au transport de marchandises. Le plus inquiétant, c'est qu'à elles seules, Toronto, Montréal et Vancouver représentent 80% de la congestion totale du pays et que les coûts qui y sont reliés y augmentent beaucoup plus vite que l'augmentation réelle des déplacements. Trois villes qui, avec Ottawa, sont autant de plaques tournantes économiques qui stagnent dans le top 12 des villes nord-américaines les plus congestionnées.

Perte de temps, gaspillage de carburant et émissions de gaz d'échappement sont autant d'incidences financières qu'environnementales. Ces dernières militent en faveur d'infrastructures favorisant l'intermodalité, autant pour le transport des personnes que des marchandises; l'électrification des transports individuels et collectifs et l'utilisation des biocarburants de 2e génération. Ce ne sont là que des exemples d'opportunités que le fédéral pourrait intégrer à l'intérieur d'une stratégie, respectueuse des champs de compétences des provinces et des municipalités.

Même si depuis 2005, la part de l'investissement fédéral dans les infrastructures de transport a significativement augmenté, ces investissements devraient encourager davantage notre transition vers des technologies propres à faible empreinte énergétique et favorisant le désengorgement des villes. Le dossier du pont Champlain est un bel exemple de projet qu'il faut penser en fonction du futur.

On parle ici de leadership, de planification et de financement. Mais on parle aussi et surtout de donner aux ingénieurs, le mandat et les moyens de répondre aux défis des villes en mettant en valeur tout le savoir-faire que nous avons pu voir au Palais des Congrès à l'occasion du EV 2012 VÉ. Ce n'est certainement pas le talent qui manque au Québec, et pourtant, c'est souvent ailleurs qu'on lui laisse la chance de s'exprimer le mieux. Nombreuses sont les métropoles à l'international qui ont bénéficié de notre expertise pour repenser leur réseau de transport.

En attendant que le fédéral emboîte le pas, il faut donc que le Québec assume pleinement son rôle de chef de file en montrant clairement la voie à suivre. Et pour ce faire, il est primordial que le nouveau gouvernement de Mme Marois se dote lui-même d'une première stratégie de mobilité durable, tel que cela fut mentionné à plusieurs reprises et évoqué  à l'occasion de sa présentation du nouveau conseil des ministres le 19 septembre dernier.

Etienne Couture, ing.

Président du Réseau des ingénieurs du Québec

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer