Point de vue

Élargir Henri-IV n'est pas nécessaire

Selon les auteurs, la congestion actuelle sur le... (Photothèque Le Soleil)

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Selon les auteurs, la congestion actuelle sur le boulevard Henri-IV ne provient pas des déplacements interrégionaux, mais plutôt de l'important navettage quotidien d'automobilistes de Québec qui pourraient utiliser des modes de transports alternatifs à l'auto-solo.

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Le Soleil

À ce jour, on ne nous a pas encore démontré que l'élargissement de l'autoroute Henri-IV, nécessitant des investissements colossaux estimés à 405 m$ par l'ancien ministre Hamad, apporterait des bénéfices suffisants à moyen et long termes. Pourtant, avant d'investir une telle somme, le minimum serait de savoir si l'argent public sera dépensé judicieusement et si ce scénario est celui qui a l'impact le plus positif sur la mobilité des gens de Québec. Force est de constater que ce travail n'est pas fait, ou n'a pas été rendu public.

Cette autoroute est certes un axe de transport stratégique important par son caractère interrégional ; il faut donc s'assurer de la plus grande fluidité possible pour cette mission. Cependant, la congestion actuelle qui justifie le besoin d'élargir cette infrastructure déjà imposante ne provient pas des déplacements interrégionaux. Elle provient plutôt de l'important navettage quotidien d'automobilistes de Québec qui pourraient utiliser des modes de transports alternatifs à l'auto-solo. Ainsi, pour résorber durablement les importants problèmes de congestion sur Henri-IV, il faudra en interroger les causes avant de se lancer dans l'accroissement de la capacité routière.

De manière générale, le réseau autoroutier de la ville de Québec n'a pas besoin d'être développé davantage : a-t-on encore besoin de rappeler que nous possédons déjà plus de 20 km d'autoroutes par 100 000 habitants, soit près de trois fois plus que Montréal et Toronto, ce qui nous place en tête de peloton en Amérique du Nord? Les solutions aux problèmes croissants de congestion à Québec passent par une utilisation plus efficace (et moins coûteuse!) du réseau existant, notamment en favorisant les transports collectifs et actifs.

En ce sens, le ministre Gaudreault tient un discours cohérent par rapport aux orientations privilégiées, en voulant financer les transports collectifs à partir des fonds prévus pour augmenter la capacité routière. Rappelons que la part du lion des montants prévus au Plan québécois des infrastructures doit aller à l'entretien du réseau routier existant, afin de garantir la sécurité de tous. Il ne s'agit pas de contraindre les déplacements automobiles, mais de ramener un équilibre entre les investissements consentis à tous les modes afin d'investir dans les projets qui ont le meilleur impact sur la mobilité. Avant de dépenser plus de 400 m$, il serait normal de se demander si c'est pour le meilleur projet!

Catherine Boisclair, présidente d'Accès transports viables

Etienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables

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