L'Islam est d'abord une religion Abrahamique, soit le même Abraham dont s'inspirent les juifs et les chrétiens. C'est une soumission exclusive à Allah, le Tout-Puissant. Tout ce qui existe est créé par Dieu: les intentions, les pensées, les sentiments le ciel, le soleil, l'homme. Comme dans plusieurs autres religions, des hommes furent désignés par le Tout-Puissant pour que les préceptes divins soient accessibles à tous.
Le livre Saint de l'Islam est le Coran. C'est la révélation d'Allah. L'Islam a été fondé par Mahomet. Selon les écritures, il est né à La Mecque en 570. C'était un chef politique et militaire arabe. Il a livré de nombreuses batailles épiques. Il devint un rassembleur pour le monde arabe. Les musulmans le considèrent comme le dernier des prophètes du monothéisme. Mahomet est au début de sa vie un gardien de brebis, c'est un illettré.
Les écrits sur sa vie et surtout sa doctrine (Le Coran) furent écrits 140 ans après sa mort par des témoins indirects et notés par plusieurs scribes. Comme plusieurs grands prophètes, Mahomet est guidé par des voix. Il fait aussi plusieurs grandes retraites spirituelles. La tradition musulmane affirme que c'est en 610 que pour la première fois, l'archange Gabriel lui est apparu dans la grotte de Hira et lui aurait transmis les croyances musulmanes, la révélation de la parole de Dieu.
Mahomet a alors 40 ans. Il commence à transmettre oralement plus de 6250 versets écrits par ses scribes, tous des hommes. Il déclare ces versets révélés par Allah et dictés par l'Ange Gabriel. La grande dictée a durée 23 ans. Selon le «dogme» musulman, c'est là l'origine du Coran. Il fut cependant enseigné oralement au début.
Pour bien comprendre ce grand personnage et sa doctrine, les Occidentaux doivent retenir cette définition du spécialiste Adolphe Bossert: «Mahomet, c'est un croyant possédé du besoin de répandre sa foi. Il commence par adorer les étoiles; mais bientôt au-dessus des étoiles, il découvre celui qui leur a donné leur existence et qui a formé l'univers.» La foi de Mahomet reste pure aussi longtemps qu'elle est renfermée en lui-même, qu'elle demeure un colloque entre Dieu et lui.
Sunnisme et Chiisme
Après la mort de Mahomet, il y a eu la naissance de plusieurs branches religieuses. Les plus importantes sont le Sunnisme (80%) et le Chiisme.
Le Sunnisme concentré surtout en Irak réprouve la représentation de Mahomet, du Prophète. La représentation du Prophète, sous toutes ses formes est considérée comme un blasphème. Cependant l'interdiction Sunnite n'est pas respectée de façon absolue. Les Turcs représentent Mahomet selon différentes variantes, souvent le visage vide ou caché par un voile.
Chez les chiites surtout concentrés en Iran, et habitués au contraire à afficher de grands portraits du prophète, cette règle, ce dogme n'existe pas.
On comprendra ainsi la signification de plusieurs affrontements sanglants entre les communautés. Le blasphème, la guerre sainte, le FATWA s'emballe souvent et se colore, selon les croyances. Plusieurs Occidentaux sont souvent renversés par les croyances, et les dogmes, du mouvement Islamique radical.
On pense aux gigantesques mouvements de foule, aux batailles rangées, aux crimes d'honneur, aux Fatwa, aux mutilations aux exécutions sommaires, aux brûlures de visages féminins à l'acide, aux mutilations, aux excisions (140 millions de femmes sont excisées dans le monde) 60% des femmes d'Égypte! On doit aussi penser aux guerres confessionnelles (Irak, Iran, Kurdes Éthiopie) mais aussi à certaines interprétations étroites du Coran qui sont en conflit direct avec les valeurs modernes
Plusieurs «excès» religieux ont été cités et mis en évidence. On doit penser aux différents FATWA (Salman Rushdie pour les Versets Sataniques), aux violences d'Al Quaïda, aux incendies et au meurtre (caricatures de Mahomet), et maintenant aux réactions disproportionnées à la suite de la diffusion du film L'innocence des Musulmans. Ce «navet cinématographique» dont un seul extrait de 12 minutes a suffit pour enflammer le monde musulman, questionne la maturité de plusieurs croyances.
Plusieurs sociologues (et j'en suis) pensent que ces violences, ces explosions et ces meurtres sont «planifiés» et soutenus par plusieurs Imans et leaders religieux pour provoquer l'instabilité et la crainte de l'Islam radical. La contagion de la fièvre révolutionnaire Islamique cherche son second souffle mondial.
Le terreau du fanatisme révolutionnaire et sanglant est particulièrement fertile chez une certaine clientèle souvent orpheline et illettrée - issue de pays comme l'Indonésie, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Iran,l'Irak et de la région d'Afrique du Nord - dont le seul certificat vient souvent d'une Université Coranique. Sous la domination d'Imams très zélés (on leur fournit le gîte et la nourriture), plusieurs jeunes abandonnées qui constituent l'Armée Islamique en réserve récitent les 6250 versets du Coran dont les appels et les références au châtiment des Infidèles sont abondants.
Je rappelle à cet effet qu'il y a quelques années, plus de 5000 Imams trop «zélés» ont été rappelés pour êtres réformés, à cause de leurs propos trop virulents, et leurs appels généralisés à la violence. Plus près de nous, à l'Université Laval, quelques conférences ont mérité notre questionnement. Généralement le financement des grandes Mosquées en Europe, en Amérique et au Québec vient de pays riches comme l'Arabie Saoudite, le Qatar et l'Iran qui fournissent capital, matériel pédagogique et Imans, pour garder le contrôle sur la doctrine et les fidèles.
Pierre Lépine, Sociologue Ma, Ph.D
Québec