La religion est un choix personnel. On est libre de fréquenter une église ou de rester chez soi. Cependant, pratiquant ou pas, tout le monde est obligé de financer le premier choix. C'est que tout lieu de culte est exonéré des taxes foncières, ce qui fait augmenter le fardeau fiscal sur les autres propriétaires. Pour la plupart des églises, la somme épargnée est si importante qu'elles seraient autrement en faillite.
Comment en sommes-nous arrivés là? La réponse remonte à une autre époque. Avant les années soixante, l'Église était un partenaire de l'État. Elle fournissait des services essentiels en gérant les écoles, les collèges, les hôpitaux, les asiles, etc. Dans ce temps-là, elle ne payait pas de taxes foncières pour la même raison que l'État n'en payait pas. Puisque l'Église ne fournit plus ces services, ce traitement de faveur ne semble plus justifié. C'était déjà ce qu'on pensait dans les années soixante, mais on préférait laisser le temps faire son travail au fur et à mesure que les églises fermaient et que leurs nouveaux propriétaires devenaient eux-mêmes des contribuables.
Or, depuis quelques années, cette tendance commence à s'inverser. On accueille des groupes évangéliques ou fondamentalistes, des sectes comme l'Église de Scientologie et, de plus en plus, des centres islamiques. Posons la question. Devons-nous faire payer le contribuable pour cette implantation des mouvements religieux? Où est l'intérêt public ? La religion n'est pas un service essentiel, c'est un choix personnel. Si un contribuable veut financer un lieu de culte, il a toujours l'option de le faire directement.
Évidemment, si on enlève cette exemption fiscale, la plupart des lieux de culte feront faillite. C'est triste, surtout s'il s'agit d'un joyau architectural ayant une valeur patrimoniale. À ce moment-là, il existe un intérêt public: celui de conserver notre patrimoine et non pas celui de favoriser la religion. On pourrait d'abord faire un inventaire des temples à caractère patrimonial. Ces derniers seraient ensuite cédés à l'État qui, en y maintenant un droit de culte, installerait aussi des comptoirs de services gouvernementaux. Quant aux autres temples, ils auraient à payer leurs taxes.
Il faut se rendre à l'évidence. Nous ne pouvons plus laisser aller, en croyant que le temps fera ce travail. Nous devons le faire nous-mêmes.
Guillaume Babin-Tremblay, Québec; Maryse Belley, Sainte-Brigitte-de-Laval; Peter Frost, Québec; Jessie McNicoll, Trois-Rivières; Stéphan Pouleur, Québec