De 2002 au début 2012, j'ai milité activement au sein de la défunte Action démocratique du Québec (ADQ) qui, selon nos transfuges maintenant célèbres, forme l'ADN de la Coalition avenir Québec, ce parti que certains se plaisent à qualifier de nouvelle formation, avec de nouvelles idées... J'ai occupé toutes sortes de postes, surtout de façon bénévole, à l'organisation, comme membre et présidente d'association de circonscription, aux communications, comme candidate même, et parfois de façon rémunérée, comme attachée politique au cabinet du whip puis du chef de l'Opposition officielle de 2007 à 2008.
J'ai choisi le Parti québécois plutôt que la CAQ et ce, pour trois raisons fondamentales : la saine démocratie qui y règne, l'équipe de candidats et le programme. Les électeurs de CAQ et ceux du PQ ont un point en commun, ils veulent un changement de gouvernement aux prochaines élections, peu importe les motifs de chacun, la corruption, la mauvaise gestion des fonds publics, l'augmentation faramineuse de la dette publique, l'usure du gouvernement libéral après neuf années et demie de pouvoir. Tous ces électeurs rendront leur verdict le 4 septembre prochain, l'important c'est de faire le bon choix.
Le mien, c'est celui du Parti québécois, parce que j'aime la façon dont les membres y sont respectés, écoutés et participent activement aux orientations du parti. Après la façon dont les principes fondamentaux ont été bafoués pour permettre à la CAQ de rayer l'ADQ de la carte, vous comprendrez que je ne veux pas d'un parti dirigé par une seule personne, François Legault, chef de la CAQ, qui se croit tout permis et qui dicte ses politiques au gré de la mode du jour tout en reniant ses convictions profondes. Est-ce ce type de leader que nous voulons pour diriger le Québec?
J'ai envie de vous parler de la relève au PQ, autant dans l'ombre que devant les projecteurs. Quelques-uns sont moins connus que d'autres: Pierre Châteauvert et Marc Dean respectivement candidats dans Jean-Lesage et Vanier-les Rivières, qui parlent d'iniquités intergénérationnelles et de redressement nécessaire du Québec. Ils savent de quoi ils parlent et connaissent les enjeux de la région de Québec. Je pense aussi à des candidats un peu plus connus mais dont nous n'avons pas encore pu apprécier le plein potentiel, les Stéphane Bédard, Nicolas Girard, Martine Ouellet, Daniel Breton, Bernard Drainville, Alexandre Cloutier et Véronique Hivon. Je pense également à mon ancienne adversaire dans Taschereau, Agnès Maltais. Elle a eu le courage de mettre de l'avant le projet de loi 204 sur l'amphithéâtre en pensant d'abord aux retombées positives pour les citoyens de sa circonscription et de la région de Québec et en assumant le débat qui en a découlé. C'est là un faible échantillon d'une nouvelle mouture du PQ, qui n'attend que le vote de confiance des électeurs pour amener le Québec plus loin.
Ensuite, je vous dirais que plusieurs priorités du PQ m'ont interpellée : la charte de la laïcité qui représente dans son essence l'une des batailles fondamentales dirigée par l'ex-ADQ. Puis il y a l'indépendance énergétique, la souveraineté alimentaire, les redevances pour les ressources naturelles pour ne nommer que celles-là.
Comme dans tout parti, et vous le savez sans doute, les orientations ne trouvent pas toutes le même écho chez moi. La plus importante, et non la moindre, étant la souveraineté. Je crois que l'ensemble des Québécois en sortiraient gagnants à long terme, mais j'estime qu'elle viendra quand les gens seront prêts, d'où mon appui à l'approche prudente de Madame Marois pour la tenue d'un éventuel référendum. Comment les gens peuvent-ils avoir peur d'une issue dont ils décideront démocratiquement eux-mêmes? Parce que c'est probablement la plus grande qualité du PQ et celle qui m'a initialement décidé à revenir au parti : la démocratie. Une valeur prépondérante au sein du parti, avec son lot d'avantages et de contraintes, mais qui garantit à chaque Québécois qu'aucune décision ne se prendra quant à notre avenir sans que chacun d'entre nous ne se soit prononcé.
Si j'insiste tant sur la démocratie, c'est que, malgré toutes les incohérences de la CAQ, ses flous artistiques et ses improvisations, c'est l'absence de démocratie que je considère comme la principale lacune de la CAQ. Vous vous méfiez du PQ? Alors vous ne connaissez pas la CAQ! Dites-vous bien que pour les gens de la CAQ, la fin justifie les moyens! Et si cela signifie empêcher les gens à la base de débattre d'un enjeu aussi crucial que l'avenir du parti, ne pas laisser la voix de l'opposition s'exprimer, ni participer au processus de contrôle de la décision finale, eh bien, ainsi soit-il! Et si vous trouvez ça un peu banal, j'aimerais vous rappeler que ce sont tout de même les fondements de la démocratie.
Pour ma part, les valeurs de démocratie et de liberté d'expression sont primordiales. Et à ce chapitre, la CAQ a lamentablement échoué. Si vous devez craindre un parti, c'est bien la CAQ et non le PQ!
Caroline Pageau, ex-candidate de l'ADQ et présidente régionale du Parti québécois