En ce beau dimanche après-midi du 24 juin 2012, je me suis rendu en ville à vélo. Destination, le Parc de la Francophonie, question de m'imprégner de l'atmosphère festive associée à notre fête nationale, dont on parle tant dans les médias.
Erreur et grande déception! Le silence total, sinon la désolation, y régnait. Même les oiseaux, autrefois identifiés aux pigeons qui y avaient leur résidence officielle, avaient fui. Pire, ce petit espace vert presque naturel était entouré d'une haute clôture métallique grillagée aux allures de fortification. Nos ancêtres ruraux auraient dit, à la vue d'une telle clôture, que c'était sans doute pour empêcher les vaches du voisinage de venir y pâturer. Mais je n'en vis point à l'horizon. Nos braves gestionnaires de la Commission de la Capitale Nationale auraient sans doute la vraie réponse à la présence de cette laideur circonstancielle. Au moins, pourraient-ils nous dire qui sont et où sont les vaches visées...
Mais puisque je suis sur place et dans un geste de citoyen bien intentionné, je me suis permis de replacer quelques guirlandes et banderoles (gracieusetés du MNQ/SNQC, donc provenant de nos taxes) tombées sur le trottoir et se balladant au gré du vent avant éventuellement de disparaître. Voilà qu'un gardien, de sécurité sans doute, est sorti de l'ombre à l'autre extrémité et me faisait des gestes des deux mains, faciles à comprendre et qui voulaient dire «fiche le camp». J'ai quand même fait le tour du petit quadrilatère devenu place forte, deux fois plutôt qu'une. Il n'y avait effectivement aucune entrée/sortie de disponible.
On pouvait toutefois y voir une scène vide de ses figurants mais remplie d'équipements «audio» pouvant faire peur aux oiseaux diurnes, mais silencieux comme une tombe. Il y avait aussi des piles de barrières métalliques (stocks invendus la veille?) et un inventaire imposant de bouteilles de bière (pleines, évidemment). Tout ça bien sécurisé et en attente de gens sans doute assoiffés et turbulents.
Je me suis alors rendu compte que les activités familiales du Parc de la Francophonie, annoncées dans le cahier publicitaire de la Fête nationale, c'était pour le samedi 23 seulement. Je n'y comprends rien! Le 24 juin, en plein jour, dans notre capitale nationale, à deux pas de l'Assemblée nationale, c'est le vide de festivités. S'il y a une journée ou la population du Québec tout entier devrait être invitée à entourer son Parlement, sinon à y pénétrer, c'est bien le jour de notre Fête nationale. Pour ce qui est du Parc de la Francophonie, j'y reviens, cet endroit ne devrait-il pas être animé pendant 24 heures le jour du 24 juin? Ce serait bien. Et il y en aurait pour tous les goûts et pour tous les âges. Les oiseaux du jour prendraient la relève de ceux de la nuit et vice versa. Il n'en coûterait pas une fortune d'intéresser les artistes et les diffuseurs culturels à y contribuer. Une telle programmation «24 heures québécoises le 24» ne serait surtout pas un «gros show», mais un divertissement varié et aux couleurs québécoises, visant particulièrement à plaire aux participants, citoyens de Québec, du Québec et d'ailleurs.
Je supplie les concepteurs et les organisateurs des festivités de notre Fête nationale à Québec, surtout à deux pas de l'Assemblée nationale, de se «grouiller l'....» comme le chante Charlebois et d'offrir aux citoyens autre chose qu'un «gros show» surmédiatisé et... venant de Montréal.
Bonne Fête nationale 2013 à Québec!
Henri-Paul Blanchard, Québec