La déclaration de Rio 2012 n'est pas un moindre mal. Ce texte de 53 pages est un permis pour polluer avec la conscience tranquille. Rio+20 servira de caution pour continuer à ravager la planète sans en subir des conséquences légales ou même financières. C'est une lumière verte sur le chemin de la destruction de la planète. Des lauréats de Prix Nobel étaient à la base de la conscientisation de la population qui a mené à Rio en 1992. Ils doivent maintenant reprendre le relais pour l'Humanité.
Une autodestruction assurée
Les dirigeants de tous les pays de la terre savent depuis 1992 qu'ils se dirigent vers une autodestruction assurée s'ils ne trouvent pas une manière de tempérer le réchauffement de la planète. À la première rencontre de Rio, la majorité des lauréats de Prix Nobel qui en avaient la capacité et 1700 scientistes de partout dans le monde ont signé un document qui affirmait qu'il ne restait que quelques décennies avant que de nombreux écosystèmes de la planète atteignent leurs seuils critiques. Pratiquement rien n'a pourtant été fait depuis ce sommet de la Terre. Non seulement, les pays ne sont pas parvenus à freiner le changement climatique et la dégradation de la planète, mais ces processus n'ont fait, au contraire, que s'intensifier. Nous assistons à une crise écologique sans précédent qui modifiera en profondeur l'avenir de l'espèce humaine. Rio+20 montre l'incapacité des dirigeants politiques de la planète à offrir une issue réelle.
Dernier échec
Cet échec n'est que le dernier d'une longue lignée. Ceux des sommets sur le climat en 2009 à Copenhague, en 2010 à Cancún et en 2011 à Durban montrent les limites des systèmes de contrôle actuel. Si Rio+20 ouvre la voie à une croissance plus écologique et sociale de la planète, ce concept n'a aucune valeur pour les centaines de millions de personnes qui vivent actuellement dans des pays qui seront sous le niveau de la mer dans quelques décennies. Il offre encore moins de support à tous ces pays qui sont déjà ravagés par la sécheresse et la désertification. La déclaration de Rio 2012 ne répond pas à l'urgence de la situation de la planète. Plusieurs crises qui touchent le climat, la biodiversité, l'énergie, les denrées alimentaires et l'eau se sont accélérées depuis la première entente de Rio. Au lieu de diminuer, les émissions polluantes ont augmenté. Elles causent déjà de puissants changements climatiques qui vont en s'aggravant.
Tirer les conclusions
Après Rio+20, les espoirs engendrés par l'implication des Nobel en 1992 n'existent plus. Nous savons maintenant que nos actions collectives nous feront franchir le point limite de support de notre planète et que des dommages irréversibles seront créés aux écosystèmes et aux communautés humaines. Tout le processus de contrôle climatique se révèle caduc et d'autres manières de sauver la planète doivent être rapidement trouvées. À court terme, l'échec de Rio +20 est celui de 99 % des habitants de cette planète. À long terme, c'est celui de tous sans exception. Pour respecter les derniers désirs de l'homme dont ils portent le nom, les Nobel ont maintenant l'obligation morale se lever et de faire front commun pour sauver la planète.
Michel Gourd, L'Ascension-de-la-Patapédia