En réaction au texte «L'Ordre inquiet du manque de formation» du journaliste Pierre Pelchat
À la présidente de l'Ordre des infirmières du Québec, Gyslaine Desrosiers,
Je tiens à vous faire par de ma réaction à la suite de la lecture de l'article paru dans Le Soleil du 19 juin. Je suis sans mots! Je dois faire partie de la seule profession au Québec qui se fait dénigrer par son ordre professionnel. J'ai une formation collégiale, je travaille à l'urgence de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec, une des urgences les plus achalandées de Québec. Oui, il m'arrive de travailler au triage, de pratiquer des notions d'examens cliniques, qui m'ont été enseignées au collège ainsi que par le conseiller clinique du département. Or je suis persuadé que lorsque je trie un patient, il est aussi bien trié que s'il l'avait été par une infirmière bachelière. Je suis aussi sûr que lorsque je soigne un patient en salle de réanimation, il est aussi bien réanimé que s'il l'avait été par une infirmière bachelière. Lorsque j'essaie de réconforter un dame de 85 ans qui est couchée sur une civière dans un corridor depuis cinq jours, mon empathie n'est pas moins grande parce que je n'ai seulement (sic) qu'une formation technique.
Au lieu de généraliser et de dire que les infirmiers(ères) techniciens(nes) sont mal formés(es) et qu'ils ou elles ne devraient pas travailler en soins critiques parce que mal préparés par les centres hospitaliers, vous devriez vous informer. À mon arrivée il y a cinq ans, j'ai été jumelé pendant quatre mois avec un infirmier de 30 ans d'expérience. On peut difficilement trouver mieux comme programme de formation! Quand j'ai commencé à travailler seul, j'étais bien formé et prêt! Aucune formation universitaire n'équivaut le temps que j'ai passé avec cette personne d'expérience.
Je crois que vous oubliez trop souvent que les techniciens et techniciennes font aussi partie de l'OIIQ. Nous nous attendons au même respect que les cliniciennes. Vous voulez tasser les techniciens et techniciennes des unités de soins critiques...la pénurie... en avez-vous déjà entendu parler Mme la présidente? Êtes-vous à ce point déconnectée de la réalité? J'ai des hauts le coeur seulement à penser que je vais devoir vous verser encore 400$ l'année prochaine! 400$ pour recevoir une revue qui contient des articles qui, souvent, frôlent le mépris à l'égard des techniciens, sans compter une présidente qui dénigre une partie de ses membres. Si vous trouvez que les techniciennes sont mal préparées aux soins critiques dans certains établissements, en passant les cliniciennes ne sont pas mieux préparées à cause de leur formation universitaire, j'en ai vue quelques-unes repartir chez elle en pleurant après un quart de travail, attaquez-vous a ces établissements, pas à vos membres!
P.S. j'ai beaucoup de respect pour les infirmières cliniciennes
Sincères salutations,
Marc-André Gagnon, infirmier technicien
Québec