Point de vue

Notre planète à l'heure de la dernière chance!

Le gros bétail, par exemple, produit 65% des... (Photothèque Le Soleil)

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Le gros bétail, par exemple, produit 65% des émissions d'oxyde nitreux. La production de ce type de viande représente 18% des émissions de gaz à effet de serre!

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Le Soleil

La sécurité n'existe pas pour l'humain et elle n'a jamais existé. Notre planète est en proie à toutes sortes de forces dont le contrôle nous échappe totalement. Un vent solaire défavorable, une météorite, un tremblement de terre, ou je ne sais quoi encore et nous nous retrouvons en péril. De plus, notre corps est soumis à toutes sortes de dangers venant de l'extérieur (virus, bactéries, etc.). Là par contre où nous pouvons agir pour améliorer notre sort, c'est sur notre comportement vis-à-vis la biosphère.

Rappelons que l'enveloppe de cette biosphère est très mince. Elle va des grands fonds océaniques à la haute stratosphère. Du plancher océanique à l'espace, elle ne fait pas plus que 60 kilomètres. Dans ce court espace s'entrelacent des milliers et des milliers d'espèces vivantes, la faune et la flore travaillant avec la composition géochimique de l'atmosphère pour maintenir le climat de la Terre dans un état favorable à la vie.

Mais l'hyperactivité humaine risque cependant de déstabiliser ce fragile équilibre. Dans le cas de la planète, on sait que l'empreinte écologique excède maintenant d'environ 50% les capacités de régénération de la Terre, c'est-à-dire l'absorption des déchets et la reproduction des ressources. Autrement dit, à chaque année, l'humanité utilise en ressources l'équivalent d'une planète et demie. La Terre ne fournit plus et, à ce rythme, nous courons à notre perte.

Signalons que dans les douze dernières années, onze se classent parmi les années les plus chaudes depuis 1850 ! Le dioxyde de carbone, le méthane et surtout l'oxyde nitreux sont des gaz à effet de serre puissants qui, en emprisonnant la chaleur du soleil, réchauffent l'atmosphère. Selon certains experts, si la tendance actuelle se maintient, le changement climatique engendré par ces gaz, ferait monter la température du globe de 6 degrés Celsius d'ici la fin du présent siècle, ce qui mettrait sérieusement en péril tout l'ordre du vivant.

Sait-on qu'une seule barquette de fraises de Californie importée par avion émet autant de CO2 qu'environ quatre allers-retours en voiture entre l'école et la maison ? L'avion est une importante source d'émissions polluantes. Et comme ses émissions ont lieu en haute atmosphère, elles sont de deux à quatre fois plus nocives que les autres. Notons qu'à ce titre, manger bio ne fait qu'envenimer les choses puisque les trois quarts des produits bio sont importés, c'est deux fois plus que l'alimentation ordinaire!

Et pour ceux qui préfèrent la viande ce n'est guère mieux. Le gros bétail, par exemple, produit 65% des émissions d'oxyde nitreux. La production de ce type de viande représente 18% des émissions de gaz à effet de serre!

Sait-on, autre exemple, que l'électricité nécessaire pour fabriquer une canette d'aluminium suffit à faire fonctionner un téléviseur pendant 3 heures ? La production d'aluminium demande une énorme quantité d'électricité souvent faite à partir de centrales au charbon. Or, annuellement, nous consommons 250 milliards de canettes!

Certains pensent qu'il est déjà trop tard pour changer la donne et que les dégâts causés à l'environnement sont irrémédiables. Beaucoup de scientifiques craignent que la libération d'une grande quantité de dioxyde de carbone et de méthane engendrée par le dégel prématuré du permafrost crée une réaction en chaîne incontrôlable. Celle-ci aurait pour effet de réchauffer l'atmosphère en quelques décennies! Pareil processus serait-il déjà enclenché sans que nous le sachions?

On calcule généralement qu'une hausse des températures de 3 degrés Celsius en moins de cent ans menace d'extinction potentielle de 20 à 70% des espèces. On peine à imaginer ce que cela pourrait être au double ou au triple d'une telle hausse!

Hormis ces scénarios catastrophes, sachons que la Terre n'en est pas à ses premiers déboires en matière environnementale. Au cours des 3,8 milliards années de vie sur Terre, elle a connu pas moins de cinq vagues d'extinctions biologiques desquelles elle s'est finalement remise. Le hic c'est qu'il lui a fallu à chaque fois environ dix millions d'années pour le faire!

Les plus optimistes pensent cependant que si l'on réagit vigoureusement d'ici les dix prochaines années, on peut s'en sauver sans trop de mal. Encore faut-il le vouloir et agir tout de suite. Malheureusement, pour des raisons économiques et de rendement immédiat, nombre de pays, dont le Canada, tardent à le faire.

Pierre Desjardins, philosophe

Montréal

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