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Rio+20, déception ou pas vers un monde meilleur

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L'auteur soutient que serons sans doute déçus des résultats à court terme de Rio+20, mais cette rencontre au sommet  s'annonce déjà riche en enseignement.

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Le Soleil

Vingt ans après le Sommet historique de 1992, des milliers d'experts, de chefs d'État, de représentants d'ONG et d'entreprises reviennent à Rio de Janeiro pour un sommet des Nations Unies sur le développement durable.

Selon plusieurs analystes, les décisions qui seront prises ne règleront rien. D'autres au contraire, et j'en suis, considèrent  Rio+20 comme un jalon de plus dans la quête d'une société globale respectueuse des droits humains et de l'environnement.

En 1972, au tout premier Sommet des Nations Unies sur l'environnement à Stockholm, de nombreux gouvernements ont réagi à la crise environnementale en mettant sur pied des ministères et organismes publics chargés de protéger l'environnement, au Québec et au Canada notamment. Ce premier pas a permis l'adoption de lois et de règlements qui ont grandement contribué à assainir l'environnement.

En 1987, à la suite de discussions tenues à la grandeur du globe, l'ONU publiait le rapport Brundtland qui proposait d'aborder les problématiques mondiales sous la lorgnette d'un nouveau concept, le développement durable, cherchant à concilier les objectifs sociaux, environnementaux et économiques dans une perspective d'équité.

Le premier sommet de Rio, en 1992, a traduit ce concept en plan d'action : adoption de 27 principes d'intervention, d'un Plan de travail pour le 21e siècle (Agenda 21), de conventions pour contrer les changements climatiques et protéger la biodiversité. Rio 92 fut aussi l'occasion d'un rapprochement historique entre les mouvements environnementaux et les groupes sociaux préoccupés d'équité sociale et soucieux de freiner la mondialisation et le capitalisme sauvage.

Cette convergence nouvelle a permis de confronter le tout-puissant lobby économique. En 1997, lors de la rencontre de Rio+5, le président de la Banque mondiale a dû répondre aux critiques combinées des environnementalistes et des mouvements sociaux en promettant de mettre en place les réformes demandées. Au cours de cette période, la plus importante ONG environnementale de la planète, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a ouvert ses portes à un premier partenariat avec les organisations du secteur privé, consciente que le dialogue avec « l'ennemi » était plus que jamais nécessaire. Experts financiers, comptables, et administrateurs se sont mis à considérer le bilan environnemental et social des entreprises au même titre que le bilan financier.

Pour se préparer au Sommet de Johannesburg, en 2002, le secteur privé a mis en place diverses initiatives visant à améliorer sa performance environnementale et sociale. On parle depuis ce temps de responsabilité sociale des entreprises, d'investissement responsable, de rapports annuels de durabilité, de politiques et de plans d'action de développement durable. Les Nations Unies ont adopté  alors un plan d'action qui s'est traduit au Québec, en 2006, par l'adoption de la loi sur le développement durable et d'une stratégie engageant l'ensemble du gouvernement.

Rio+20 sera de nouveau un théâtre de discussions, de négociations, de débats. Au nord de la ville, dans le quartier Flamengo, les organisations de la société civile venues du monde entier tiendront en parallèle un Sommet des peuples pour rappeler aux dirigeants politiques que le développement pour être durable doit s'appuyer sur une démocratie active, la justice, l'équité, le respect de l'environnement et des droits humains. Au sud, à Rio Centro, les technocrates et les politiques chercheront les compromis acceptables aux différents lobbies qui les contrôlent.

Nous serons sans doute déçus des résultats à court terme de Rio+20, mais cette rencontre au sommet, qui discutera cette fois-ci des mérites d'une économie verte et de gouvernance du développement durable, s'annonce déjà riche en enseignement. Elle encourage le nécessaire dialogue entre toutes les factions en quête d'un monde meilleur. J'étais à Rio en 1992 et 1997 et à Johannesburg en 2002. Comme bien d'autres, j'aborderai mon 4e sommet onusien avec confiance et  pragmatisme, en espérant que nos dirigeants comprendront qu'il est temps d'agir.

Jacques Prescott, professeur associé à la chaire en Éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi, il participe à Rio+20 à l'invitation de l'Organisation internationale de la Francophonie.

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