Éducation vs instruction

Être bien éduqué, c'est bien différent d'être instruit. Bravo si nous pouvons... (Photothèque Le Soleil)

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Être bien éduqué, c'est bien différent d'être instruit. Bravo si nous pouvons répondre aux deux définitions! Être instruit sans être éduqué, ça peut être dangereux. Et ces temps-ci, la rue en témoigne. Comme la boisson, l'instruction, il y en a qui ne porte pas ça.

Principalement, être éduqué, ça vient des parents. Quelqu'un bien éduqué, c'est quelqu'un qui se respecte et qui respecte les autres. Être éduqué ne veut pas dire être niaiseux, lire «nier son aise». Non! Être éduqué, c'est s'affirmer avec respect. Ce mot pourrait et devrait s'écrire «reste-paix». La paix est possible que lorsque l'on est dans la vérité ou dans la recherche de celle-ci. On sait distinguer l'ombre, les ténèbres de la lumière.

Le pacifiste est un être respectueux. Il s'affirme avec force et douceur, avec intelligence et confiance. Le non-éduqué s'impose avec force et agressivité, lire «agresser la vie à toi», et avec intelligence, mais avec peur. Le bien-éduqué est humble et appréciatif. Même avec peu, il se sent dans l'abondance et sait partager. Il communique avec sagesse. Le non-éduqué vit de l'orgueil, joue le rôle de la victime ou de celui du dominateur. Il se fabrique des mensonges, lire «mentir avec ses songes». Il croit aux pensées qu'il s'est fabriqué, ce qui est bien différent de créer. Créer nécessite la lumière et la paix. Le non-éduqué, malgré la surabondance se sent pauvre. Il ne sait pas partager, il revendique, il exige.

Les professeurs qui héritent dans leurs classes des non-éduqués sont «hypothéqués» dans leur fonction d'instruire. Il en est de même des gouvernements dans leurs fonctions de gouverner. Sauf erreur, on a changé le nom du ministère de l'Instruction publique en celui du ministère de l'Éducation. C'est une erreur de croire que l'école ou le gouvernement sont les premiers responsables de l'éducation.

Ce que l'on vit présentement, ça part de loin. Les causes sont profondes. Il n'est pas nécessaire de passer par une dégradation plus grande pour devenir conscient. Pour y arriver, le non-éduqué devra se responsabiliser et cesser de projeter sa souffrance sur l'autorité parentale ou gouvernementale. La colère n'est jamais justifiée. C'est une façon de nier sa souffrance en culpabilisant l'autre pour retrouver la paix intérieure. C'est un vieux truc de l'ego et ça ne réussit jamais. Oui, pour le moment, les écoles devraient avoir autant de thérapeutes que de professeurs pour guider cette partie de la jeunesse qui est présentement à la dérive.

Martin Belley, St-Nazaire d'Alma

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