La création d'un pays, c'est un long chemin plein de défis. Le Bloc Québécois a choisi de rester debout, son ultime objectif demeure la souveraineté.
Avec sa quasi-majorité des voix hors Québec (48 % du ROC a voté conservateur) et sa majorité des sièges, Stephen Harper exerce le pouvoir souverainement. Rapidement et sans égard à la démocratie parlementaire, il passe à une cadence militaire son programme législatif. Son modèle de justice et de sécurité publique, en passant par le registre des armes à feu, l'amène à avoir des relations judiciarisées avec le Québec. C'est à coups de mises en demeure et d'injonctions que les gouvernements se parlent!
Il maintient une politique économique toute canadienne, favorisant les industries qui font son affaire, tout en laissant de côté Montréal, la 3e puissance aéronautique mondiale (dossier Air Canada - Aveos). On s'apprête à revenir à la charge avec une autorité des marchés financiers à Toronto.
Sans politique étrangère précise, M. Harper engage son pays dans des dépenses militaires pour des avions de chasse et des navires de combat. Il réfute des accords internationaux déjà signés, comme l'accord de Kyoto. Échangera-t-il le programme de la gestion de l'offre en agriculture contre un pipeline?
Les autres partis d'opposition sont tout aussi complices dans la gestion du Canada. Ne pas avoir le réflexe du bilinguisme pour un juge de la Cour Suprême ou le Vérificateur général, saluer comme un grand jour pour le Canada l'attribution des contrats de navires de combat ou demander de revoir la façon d'attribuer les contrats des avions de chasse, sans se questionner sur l'à-propos d'avoir de tels équipements guerriers, démontrent la nature très canadienne des partis fédéraux qui occupent 99 % des sièges aux Communes.
Le Québec à faire
On dit au Québec que les prochaines années seront cruciales pour notre avenir. Est-ce parce qu'intuitivement l'on sait que nous ne contrôlons pas la totalité de nos ressources et de nos pouvoirs? En ces temps où chaque ressource financière des gouvernements devrait aller aux réels besoins des Québécois, nous avons à démontrer comment ces besoins pourraient être mieux satisfaits dans le cadre d'un Québec souverain.
Depuis le 2 mai 2011, le Québec n'a pu choisir entre l'aide humanitaire, la paix dans le monde, versus des navires de combat ou des avions de chasse. Le Québec n'a pu confirmer ses pouvoirs en matière de langue, de sécurité sociale et de justice. En sera-t-il ainsi jusqu'en 2015?
Le rêve d'un Québec dans un Canada uni est devenu une chimère. Des Canadiens, et non les moindres, se sont prononcés récemment.
Le Bloc Québécois se remet à l'ouvrage pour imaginer et faire partager, avec coeur et passion un Québec maître de ses choix. Nous avons un pays à bâtir, tantôt de droite, tantôt de gauche, mais assurément québécois.
Daniel Paillé, chef du Bloc Québécois