Pourquoi tant de hargne, M. le maire?

Le maire Labeaume lors du comité plénier sur... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le maire Labeaume lors du comité plénier sur le dossier des négociations avec les pompiers.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Le Soleil

Je n'arrive tout simplement pas à comprendre ce qui se passe dans mon corps de métier. Du jour au lendemain, sans avoir changé quoi que ce soit dans ma façon de faire les choses, je suis devenu presque un criminel. On m'accuse, tout à coup, de voler les citoyens et de perdre mon temps en caserne. Peut-on m'expliquer qu'est-ce que j'ai fait de si grave dernièrement pour mériter toute cette hargne?

Je crois qu'il faut prendre le temps de mettre les choses en perspective, de jaser avec quelques victimes d'un sinistre quelconque pour voir comment l'aide qui arrive, dans des circonstances souvent dramatiques, peut être rassurante et essentielle. Lorsque nous intervenons dans un commerce pour un léger début d'incendie, personne ne va en entendre parler, ce n'est pas spectaculaire, mais les résultats sont souvent beaucoup plus importants. Il suffit d'imaginer l'impact, si nous n'étions pas intervenus de façon adéquate et professionnelle, en pertes d'emplois et de biens. Ensuite, il y a tous les coûts reliés à l'après-sinistre: la reconstruction; l'augmentation des primes d'assurance; les prestations d'assurance emploi et la dignité des travailleurs. Évidemment, tous ces appels passent inaperçus, et c'est bien correct ainsi. Mais je me demande seulement comment on peut dire que nous volons les taxes des citoyens, quand je constate avec quelles ardeur et passion moi et mes confrères travaillons pour la population de Québec?

Notre mission est de sauver des vies, des biens et des emplois dans des conditions d'urgence, et ce, peu importe le sinistre, que ce soit en motoneige, en camion ou même à pied. Notre seule volonté est de servir le citoyen comme il le mérite, c'est-à-dire avec rigueur et compétence. Je crois qu'on se fait une fausse idée de notre métier, car moins on entend parler de nous et mieux se portent les citoyens. Lorsque j'entends dire que nos interventions en incendies ne représentent que 5% de notre temps, je ne peux que m'en réjouir, car cela m'indique qu'il y a moins de personnes en danger!

Combien de fois un sauveteur de piscine doit-il sauter à l'eau dans un été? Probablement jamais ou très rarement, et c'est tant mieux. Est-ce que l'on doit bannir les sauveteurs pour autant? Je ne le crois pas. Il en va de même pour les pompiers, on ne doit pas sauter à l'eau tous les jours pour justifier l'importance de notre travail.

De plus, M. le maire se plaint de la présence des dortoirs et de leur utilisation en caserne. Eh bien moi, je réponds que chaque matin où je me réveille sans qu'aucune intervention ne soit survenue au cours de la nuit, je me répète toujours la même chose: «Dieu merci! Personne n'a perdu son emploi, sa maison ou un de ses enfants dans un accident de la route cette nuit.»

Enfin, la passion et le goût de toujours bien faire mon travail ne sont sûrement pas dédiés à ces hauts dirigeants qui me menacent et me critiquent sur la place publique depuis un certain temps, mais plutôt à ces citoyens dans le pétrin qui nous disent tout simplement: «Merci les gars, une chance que vous étiez là»!

Un pompier encore fier de servir les citoyens de Québec, malgré tout!

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