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Coût et rentabilité de l'électricité

À la suite d'une série de reportages portant sur le Plan Nord, monsieur Jean... (Photothèque Le Soleil)

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À la suite d'une série de reportages portant sur le Plan Nord, monsieur Jean Charest est apparu en entrevue au Téléjournal de Radio-Canada le 2 février dernier. Madame Céline Galipeau a interrogé le premier ministre au sujet de la rentabilité des projets hydroélectriques actuels et à venir dans le contexte où une partie de cette électricité servira à satisfaire les nouvelles demandes découlant des activités minières et industrielles du Plan Nord.

Voici les informations qui sont reconnues comme fondées : le coût de la nouvelle hydroélectricité au Québec, représenté par La Romaine, est de l'ordre de 10 cents/kWh selon les premiers estimés fournis par Hydro-Québec, et les coûts des projets plus au nord seront encore plus élevés. Le coût moyen des installations déjà en production est beaucoup plus faible parce que les sites hydroélectriques ont été développés selon un ordre de coûts croissants. Les sites situés au sud ont été développés en premier lieu et leurs coûts sont bas; les coûts se sont accrus à mesure que le développement s'est déplacé vers le nord. Le coût moyen des anciennes installations est, selon le premier ministre, de 2,14 cents/kWh. Les ventes à la grande industrie, incluant les minières, s'effectuent au tarif L, soit 4,5 cents/kWh.

Est-ce qu'il est rentable de réaliser des développements hydroélectriques pour satisfaire ces nouvelles demandes d'électricité au Tarif L?

La réponse du premier ministre à ce sujet est claire et elle repose, selon sa propre expression, sur le principe de la piscine, c'est-à-dire, le coût moyen. Le coût de l'électricité fournie par les nouveaux projets est élevé, c'est ce que les économistes appellent le coût marginal. Par contre, les coûts de projets antérieurs étaient beaucoup plus faibles. En effectuant une moyenne des deux coûts, anciens et nouveaux, nous obtenons un coût inférieur au Tarif L.

Est-ce que cette analyse de la rentabilité du développement hydroélectrique au Québec permet d'identifier les projets qui apporteront une contribution positive au revenu réel des Québécois? La réponse est malheureusement négative. Le Québec est libre de procéder ou de ne pas procéder au développement des nouveaux projets hydroélectriques. Il dispose aussi de la capacité de déterminer le tarif auquel il vend son électricité à la grande industrie. Il n'est pas rentable de développer de l'électricité à 10 cent/kWh pour la vendre à 4,5 cents/kWh.

La moyenne des coûts de l'ancienne et de la nouvelle électricité n'a pas de rôle à jouer dans une analyse de rentabilité. En adoptant cette approche, les profits générés par les sites hydroélectriques peu coûteux serviront à couvrir les pertes des sites à coûts plus élevés alors qu'ils pourraient contribuer à hausser le revenu réel des Québécois. C'est un bel exemple de dissipation de la valeur d'une ressource naturelle qui est la propriété du gouvernement.

Gérard Bélanger, professeur, Département d'économie, Université Laval

Jean-Thomas Bernard, professeur invité à l'Université d'Ottawa

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