Point de vue

Parité, justice ou théorie du genre?

Le sujet de la parité semble de plus en plus poser problème dans les relations... (Photo AFP)

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Le sujet de la parité semble de plus en plus poser problème dans les relations hommes/femmes alors qu'il n'y a pourtant jamais eu autant de personnes qui y soient favorables. Alors pourquoi ces difficultés?

Qui ne crie pas à l'injustice et qui peut oser contester les revendications de parité quand sont donnés les chiffres de la sous-représentation des femmes en politique et dans les conseils d'administration, les écarts de salaire pour le même travail avec le même diplôme, etc.?

Les positions quasi unanimes face à de telles aberrations devraient normalement permettre d'arriver rapidement à des solutions. Et pourtant, il n'en est rien. Le problème est-il abordé comme il le faudrait?

Ne faudrait-il pas avant de demander la parité, qui n'est autre que le résultat escompté, procéder par étapes et réclamer d'abord des moyens de justice pour régler ce qui peut l'être? Ne pourrait-on pas commencer par se demander pourquoi les hommes politiques n'arrivent pas à trouver un moyen pour que les hommes politiques respectent la loi que les hommes politiques ont votée? Et peut-être aussi pourquoi la loi sur l'égalité salariale connaît-elle autant de difficultés à être appliquée?

Pour faire avancer la liberté, il a fallu mettre en place des séries de mesures. Cela a pris des siècles et ce n'est pas encore fini. Alors est-ce raisonnable de demander directement la parité? D'ailleurs si un meilleur équilibre est tout à fait souhaitable la parité l'est-elle vraiment?

Cette revendication est en effet contradictoire. D'un côté on voudrait que les comportements et les performances soient exactement les mêmes entre hommes et femmes, qu'il n'y ait plus de différences. Et d'un autre côté, on voudrait en faire deux catégories différentes, égales en nombre ...

Dans la revendication de parité qui paraît totalement légitime au premier abord, il y a en fait embrouilles: derrière la revendication de parité, il y a une autre arrière-pensée idéologique. Sous couvert de demande de justice, on cherche à faire passer l'idée, non pas simplement qu'il ne doit pas y avoir de discriminations, mais que les différences entre les hommes et les femmes n'existent pas!

Pour qu'il puisse éventuellement y avoir la parité totale, il ne faudrait aucune discrimination sexiste et aucune construction sociale sexiste.

Mais il y a aussi une autre condition et non des moindres: que les hommes et les femmes soient totalement à égalité non plus simplement en droits mais en identité et dès le début de leur vie. Ce qui voudrait dire qu'il n'y aurait pas, entre les hommes et les femmes de différence biologique ni de différence dans la structuration du psychisme (qui tient en grande partie au fait d'être né d'une personne du même sexe pour les filles et d'une personne du sexe opposé pour les garçons)

S'il n'y avait pas de différence biologique et de différence de structuration du psychisme, on ne pourrait que réclamer la parité (et en oublier même les contradictions).

Mais s'il y a, en plus de la construction sociale et des discriminations sexistes, une différence biologique et une différence de structuration du psychisme, ce n'est plus la parité qu'il faut demander, mais la justice. Celle-ci consiste à lutter contre toute construction sociale sexiste et contre toute discrimination sexiste. Il est même possible d'oser la fraternité en cherchant des mesures pour favoriser l'équilibre entre les deux sexes (et pourquoi pas des discriminations positives ?). On en finirait peut-être alors avec la catégorie «hommes» éternellement coupables et la catégorie «femmes» éternellement victimes. Il n'y aurait plus qu'une catégorie d'humains démocrates, avec leurs imperfections, mais limités par des lois égales pour tous et sanctionnés pareillement quand ils ne les respectent pas.

Mais il ne serait plus question de parité qui resterait une utopie par définition impossible, à moins de l'imposer et de chercher à changer l'humain... ce qui est le propre des régimes totalitaires !

Jean Gabard

Auteur de «Le féminisme et ses dérives - Rendre un père à l'enfant-roi»

Maclas (France)

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