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L'ADQ n'est pas de droite - Si l'Action démocratique se radicalise, elle ne gouvernera jamais .

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Depuis l'élection du 8 décembre dernier, et encore davantage depuis qu'on a abondamment discuté de la course à la chefferie de l'ADQ, il est question de la droite et de la gauche, de ce que devrait être ou ne pas être l'Action démocratique du Québec.

D'entrée de jeu, je dois vous faire cette confidence qui m'attirera certainement les foudres d'une tranche d'adéquistes qui se voit grosse comme un boeuf, mais qui ressemble davantage à la grenouille : je ne suis pas à droite, au sens où le souhaiteraient les dogmatiques, les idéologues et les Jean-François Plante de ce monde.

Lorsque l'ADQ a été fondée (je n'y étais pas), elle l'a été sur la base de valeurs qui nous sont chères. Valeurs qui, à l'époque comme aujourd'hui, ne sont pas la réalité quotidienne des deux formations politiques dites traditionnelles, comme la liberté de choisir ce qui est bon pour soi et le devoir incontestable de cesser d'hypothéquer nos enfants pour les caprices d'aujourd'hui, notamment.

Comme le dit si bien l'ex-députée Marie Grégoire, redonner à l'État du Québec sa capacité d'être généreux, c'est justement cette recherche de créer plus de richesses dans cette société qui s'appauvrit, dans le but évident de mieux préparer l'avenir et surtout, d'en faire bénéficier nos concitoyens, comme nous le ferions pour nos familles respectives.

Je m'inscris en faux

Depuis quelques semaines, revient constamment ce besoin pour certains de réaffirmer qu'ils militent à l'ADQ parce que c'est le véhicule de la droite au Québec. Je m'inscris en faux contre cette pratique. L'ADQ ce n'est pas le véhicule de la droite. Sinon j'en descends aussitôt.

L'ADQ c'est plutôt un parti qui ressemble étrangement à notre société québécoise pour sa grande capacité d'intégration. On y retrouve des gens de droite et des gens qui ont des affinités avec la gauche, on y retrouve des militants qui proviennent des familles souverainistes et fédéralistes, parce que nous acceptons la différence et sommes capables de travailler dans un but commun; servir le Québec et son bien le plus précieux : vous.

Certains prétendent que l'ADQ s'est perdue parce qu'elle ne répond plus aux aspirations de la droite québécoise (existe-t-elle cette droite en dehors de quelques esprits qui s'agitent ?). C'est à mon avis faire le mauvais constat.

Si l'ADQ a perdu son statut et la place qu'elle avait difficilement gagnée en 2007, c'est qu'elle a manqué de crédibilité et de cohérence. Nous aurions promis la lune qu'on ne nous aurait pas crus. C'est cruel vous me direz, mais c'est ainsi.

Économie et humanisme

Si l'ADQ veut retrouver le poids politique qu'elle a perdu et ensuite prétendre offrir aux Québécois d'assumer leur destinée, notre formation devra être bien davantage qu'une agence de diffusion des idées de la droite. Elle devra démontrer son véritable profil, celui d'une véritable troisième voie. Celle où un gouvernement sera capable de concilier développement économique et humanisme, celle où un Premier ministre sera capable de convaincre qu'il a suffisamment d'amour pour le Québec et sa jeunesse pour combattre corps et âmes ceux qui veulent endetter la prochaine génération pour payer l'épicerie.

Pour être cette troisième voie, l'ADQ ne doit pas se vampiriser, pire, se radicaliser. Sinon, elle ne gouvernera jamais.

 

Si les membres et le prochain chef choisissent de promouvoir et de se définir par l'idéologie de la droite au détriment des raisons et des valeurs qui ont amené les fondateurs à se réunir et à rêver d'un projet de société qui n'est taxé d'aucune étiquette de droite ou de gauche, la route sera longue et ardue.

Si c'est la voie retenue, plusieurs se poseront les questions suivantes : Y a-t-il de la place pour moi? Est-ce que c'est le Québec que je souhaite voir se développer sous mes yeux ? Est-ce un projet de société inclusif pour tous les Québécois?

Déçus, ils quitteront vers d'autres lieux politiques. Et c'est ailleurs que j'irai travailler à construire un Québec meilleur pour mes enfants.

Sébastien Proulx

L'auteur est avocat chez Heenan Blaikie. Il a été leader parlementaire de l'Action démocratique de 2007 à 2008.

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