Tenir tête à Amazon

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(Québec) ÉDITORIAL / Des analystes de BMO viennent de publier un rapport sur l'influence du géant Amazon et son emprise grandissante sur l'économie des États-Unis et du Canada. «Is anything safe from being Amazoned?» demandent-ils. En d'autres mots, l'Amazonification de l'économie est-elle inéluctable?

Leur réponse est partagée, mais en gros, non. Amazon ne brûlera pas tout sur son passage. 

L'achat de Whole Foods en juin présage une expansion dans le domaine de l'alimentation, mais bien que Whole Foods soit un joueur important, le détaillant occupe tout de même une niche du marché et sa présence reste marginale au Canada. Aux États-Unis, Amazon Fresh se démarque des autres dans la vente en ligne d'aliments, mais ce segment ne constitue qu'une fraction minime des ventes totales en épicerie.

D'après BMO, le secteur canadien de la vente au détail parvient malgré tout à tirer son épingle du jeu. Selon l'analyse des détaillants cotés en bourse, certains groupes comme Jean Coutu, Canadian Tire, Alimentation Couche-Tard n'ont pas eu trop à souffrir dans leur domaine particulier. 

Cette semaine à Montréal, le vice-président responsable du Canada et du Mexique, Alexandre Gagnon, a défendu les pratiques de son entreprise à la suite des critiques venant de l'homme d'affaires Peter Simons. Amazon perçoit les taxes sur ses propres ventes, assure-t-il. Mais Amazon ne contrôle que 50% des ventes sur sa plateforme, le reste provenant de vendeurs indépendants.

C'est beaucoup plus qu'un détail. En 2016, une étude de l'Ohio State University démontrait que dans les États qui obligent Amazon à payer les taxes de vente, le géant encaissait des baisses de revenus et les acheteurs se tournaient vers d'autres fournisseurs. 

Cette étude confirme les critiques de Peter Simons. Les taxes sont un facteur important dans le succès d'Amazon, et la conclusion à en tirer c'est qu'il revient aux gouvernements de prendre les mesures nécessaires pour faire en sorte que tous les acteurs jouent selon les mêmes règles. Il ne faut pas attendre pour sonner la fin de la récréation, et on devrait suivre l'exemple de l'Europe qui s'efforce de remettre les pendules à l'heure. 

Amazon reste un géant aux pieds d'argile. La stratégie de la compagnie repose entièrement sur la croissance de ses parts de marché, au détriment de la profitabilité. Sa marge bénéficiaire - d'à peine 3% - est pratiquement nulle. L'entreprise de Jeff Bezos fait 10 fois moins de bénéfices qu'Apple ou même Netflix. Son action est surévaluée d'autant. Le titre se transige à plus de 200 fois la valeur de ses profits, contre un multiple de 17 dans le cas d'Apple par exemple. 

Avec une marge si étroite, Amazon est sensible à toute hausse de ses prix. L'État devrait s'assurer que toutes les ventes qui se font sur la plateforme de l'entreprise soient assujetties aux mêmes obligations fiscales que les entreprises locales à qui les vendeurs en ligne font concurrence. Amazon doit être en mesure d'offrir cette garantie si elle entend offrir sa plateforme à d'autres détaillants. 

Les gouvernements et les commerçants locaux sont tout à fait capables de déployer une offre concurrente et un écosystème commercial qui constitue une alternative aux quasi-monopoles des GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon), à condition d'innover, de travailler ensemble, et surtout de se tenir debout. 

Les taxes sont un facteur important dans le succès d'Amazon




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