Le petit garçon qui aimait trop les allumettes

À Séoul, en Corée du Sud, une émission... (AFP, Jung Yeon-Je)

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À Séoul, en Corée du Sud, une émission de télévision décrit les récents développements de la joute verbale qui oppose le leader nord-coréen Kim Jong-un au président américain Donald Trump.

AFP, Jung Yeon-Je

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(Québec) ÉDITORIAL / Le monde a-t-il vraiment besoin d'un autre Kim Jong-un?

Les essais de missiles réalisés par la Corée du Nord provoquent une escalade de la pression. Les Nations-Unies ont réagi avec fermeté et, pour une rare fois, de façon unanime, en imposant des sanctions sévères à la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Cela envoyait, à tout le moins, un message clair. 

Mais la sortie, improvisée et irresponsable, du président des États-Unis, qui menace de répondre au régime nord-coréen par le «feu et la fureur», ne fait qu'envoyer un signal d'incohérence entre lui et son cabinet, et mine encore plus la crédibilité déjà amoindrie de cette administration à la face du monde entier.

Ces derniers essais prouvent que tôt ou tard, le pays de Kim Jong-un finira par surmonter les obstacles techniques considérables qui se dressent devant lui, et disposera d'un système capable de transporter une ogive nucléaire jusqu'aux États-Unis. Ce n'est qu'une question de temps. Aucune stratégie n'est parvenue à freiner cette progression jusqu'ici, et M. Trump n'y changera rien en se livrant à cette désolante imitation du leader nord-coréen. 

Le président américain, faut-il rappeler, n'a même pas nommé le nouvel ambassadeur en Corée du Sud. 

Récemment encore, le secrétaire d'État, Rex Tillerson, tentait de calmer le jeu, disant espérer qu'un dialogue avec la RPDC permettrait de procurer au pays «la sécurité qu'ils recherchent et une prospérité économique». En traçant une ligne rouge imaginaire qu'il n'a aucun moyen de faire respecter, le président vient de rendre la tâche du secrétaire d'État beaucoup plus difficile qu'elle l'était déjà.

La guerre froide 2.0 est désormais une réalité et les propos incendiaires de M. Trump, loin de constituer une démonstration de force, ne sont qu'un coup d'épée dans l'eau. La guerre nucléaire avec la Corée du Nord n'est pas imminente, Dieu merci, et cette éventualité n'aurait jamais dû être évoquée de la façon cavalière dont il l'a fait. 

Heureusement - ou malheureusement, tout dépend -, de moins en moins de gens prennent au sérieux ses déclarations. C'est probablement vrai en Corée du Nord comme ailleurs. Le président des États-Unis, lorsqu'il parle en connaissance de cause et que ses paroles se reflètent dans les politiques et les actions de l'État, dispose normalement d'un pouvoir énorme. Mais ce n'est plus le cas, de toute évidence. Ses sautes d'humeur puériles font de lui une risée. D'ailleurs, aucun de ses conseillers ne savait que le président allait faire cette sortie désastreuse, sur le plan diplomatique.

Quoi qu'il en soit, personne n'a intérêt à ce que ce conflit devienne un affrontement armé qui ferait des dizaines sinon des centaines de milliers de victimes, sur la péninsule coréenne tout d'abord, et menacerait la paix mondiale. Ni la Corée du Nord, ni les États-Unis, ni la Chine n'ont intérêt à une telle catastrophe. Le régime nord-coréen veut avant tout se donner des atouts qui obligeront ses vis-à-vis à négocier avec lui, malgré la réprobation unanime de la communauté internationale face aux abus qu'il inflige à sa population. 

Personne, non plus, n'a encore trouvé de solution à ce dilemme insoluble. Le dialogue est inévitable, que ça nous plaise ou non.




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