Refaire le monde, avec ou sans Trump

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La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a livré, cette semaine à la Chambre des Communes, un discours important qui marque un changement de ton face à l'administration Trump.

La Presse canadienne, Sean Kilpatrick

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(Québec) ÉDITORIAL / Après l'Allemagne et après la France, c'est maintenant au tour du Canada de reconnaître ouvertement que les États-Unis, à travers la Maison-Blanche, ont abdiqué le rôle qu'ils jouaient depuis 70 ans comme leader du nouvel ordre mondial issu des ruines de la deuxième grande guerre.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a livré, cette semaine à la Chambre des Communes, un discours important qui marque un changement de ton face à l'administration Trump. Ottawa ne confronte pas Washington - nous n'en avons ni le pouvoir ni l'intérêt - mais critique sévèrement la nouvelle politique de repli sur soi, d'abandon des valeurs prônée par ce président, même si elle s'abstient de le nommer.

Son discours aura peu d'écho aux États-Unis qui sont obnubilés, avec raison, par les révélations quotidiennes sur l'ingérence russe dans leur système électoral et l'obstruction de justice à laquelle se serait livré ce même président. Mais il a le mérite de mettre les choses au clair. 

Le gouvernement Trudeau ne pouvait pas continuer à se mettre la tête dans le sable pendant que le président des États-Unis s'évertue ouvertement à saccager les institutions, aussi imparfaites soient-elles, que le monde s'est données pour ne pas s'infliger une troisième guerre mondiale. 

Mme Freeland n'a pas mis énormément de chair sur cet os, on peut lui en faire le reproche, mais ce discours est néanmoins un premier pas dans la bonne direction. Il reste maintenant à voir dans quelles actions cette politique va s'incarner. À défaut de gestes concrets pour combler le vide laissé par l'implosion de la Maison-Blanche, les signaux envoyés par Ottawa risquent d'être ambigus.

Mercredi, en effet, c'était au tour du ministre Harjit Sajjan de présenter la nouvelle politique canadienne en matière de défense, qui annonce une hausse importante, et imprévue, de 70 % des dépenses pour ce poste budgétaire d'ici 2026/2027. Mais le Canada donne l'impression de répondre aux critiques qui lui ont été adressées par les États-Unis. Un porte-parole de la Maison-Blanche n'a d'ailleurs pas manqué l'occasion d'attribuer au président Trump le crédit de ce changement de cap. 

La nouvelle politique est remplie de bonnes intentions. Elle accorde une place importante au bien-être des troupes et de leurs familles, pour les appuyer dans la transition au terme de leur carrière, augmenter le nombre de forces régulières et de réserve. On annonce aussi un appel d'offres ouvert et transparent pour remplacer la flotte de CF-18, entre autres choses.

Mais il manque deux pièces importantes pour que ce tableau soit complet. Tout d'abord, la provenance des milliards de dollars en fonds additionnels de la part d'un gouvernement qui s'enfonce dans les déficits. Le ministre n'avait aucune réponse à offrir mercredi. Et puis à quelles missions seront consacrées ces ressources? On n'en sait trop rien et il commence à se faire tard pour répondre à cette question, notamment en ce qui concerne les missions de paix auxquelles s'était engagé M. Trudeau. 

M. Sajjan aura surtout le fardeau de démontrer que le gouvernement canadien peut mener à bien son approvisionnement en matériel militaire. La Défense nationale a connu trop de ratés avec les F-35, le remplacement de ses frégates, ou l'achat catastrophique des sous-marins de classe Victoria, à quai ou en cale sèche plus souvent qu'autrement. Ce sera là son véritable test.




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