Lynchage à la tête du FBI

L'ancien directeur du FBI, James Comey... (AP, Carolyn Kaster)

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L'ancien directeur du FBI, James Comey

AP, Carolyn Kaster

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(Québec) ÉDITORIAL / Donald Trump voulait la tête du directeur du FBI et il l'a eue. James Comey a été victime d'un lynchage en bonne et due forme, un règlement de comptes digne du crime organisé.

Le président des États-Unis a donc congédié le directeur du corps policier chargé d'enquêter sur une possible collusion entre son équipe et la Russie. Il a envoyé son ex-garde du corps porter la lettre de congédiement au siège social du FBI, sachant que Comey n'y était pas. Et le lendemain, M. Trump accueillait les diplomates russes à la Maison-Blanche.

Tout dans la façon de procéder trahit la mesquinerie, la précipitation, et la maladresse si caractéristiques de cette administration.

Trois documents ont été produits par la Maison-Blanche pour justifier la décision : un mémorandum du procureur général adjoint, Rod Rosenstein; une recommandation du procureur général Jeff Sessions; et enfin la lettre de congédiement signée par le président. Ces trois documents sont tous datés du même jour: mardi 9 mai, deux semaines à peine après l'entrée en fonctions officielle de Rosenstein.

Ainsi, la transmission du mémo au procureur-en-chef, qui devait en prendre connaissance avant de produire sa recommandation au président; la décision de celui-ci et la rédaction de la lettre de congédiement, tout cela se serait fait en l'espace de quelques heures? C'est une insulte à l'intelligence.

Les attaques du président Trump contre le juge Gonzalo Curie et contre la cour d'appel du neuvième circuit, le congédiement de la procureure générale intérimaire Sally Yates et du procureur de Manhattan, Preet Bharara, tous ces incidents trahissaient déjà la volonté de neutraliser toute forme d'opposition, d'étouffer la critique.

Mais le congédiement de James Comey est d'un autre ordre. En posant ce geste, Donald Trump a traversé la proverbiale «ligne rouge». C'est l'équivalent d'une déclaration de guerre, après les premiers accrochages.

Le parallèle avec Richard Nixon est inévitable. Les deux cas ne sont pas identiques, évidemment, mais les similitudes sont trop nombreuses. Deux présidents sous enquête, qui sentent l'étau se resserrer sur eux et qui ne voient pas d'autre solution que l'élimination pure et simple des responsables de ces enquêtes. Nixon voulait se débarrasser du procureur indépendant de l'affaire Watergate, Archibald Cox. Sa survie en dépendait.

Donald Trump est lui aussi aux abois. Personne n'est dupe des arguments invoqués par le procureur général adjoint Rosenstein à propos de l'enquête sur les courriels de Hillary Clinton. James Comey n'était certainement pas au-dessus de tout reproche. Mais les enquêtes sur Clinton et sur l'équipe Trump l'ont placé dans une situation ayant peu de précédents et il devait marcher sur un fil de fer.

Son congédiement ne vise qu'une seule et unique chose : faire avorter l'enquête sur la collusion entre le renseignement russe et l'équipe Trump pendant la campagne électorale. Le reste n'est qu'un écran de fumée. Même la lettre de congédiement signée par Trump, dans laquelle il fait allusion à l'enquête, le confirme.

Sessions, procureur général des États-Unis, a lui-même dû se récuser de l'enquête menée par le FBI après avoir menti sur ses contacts avec l'ambassadeur russe. Et c'est lui qui a recommandé au président le congédiement du plus haut responsable de cette enquête. Ils ont gagné cette bataille, mais la vérité finira par les rattraper, tôt ou tard...si le Congrès finit par se tenir debout.




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