Qui sème le doute récolte le cynisme

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Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur

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(Québec) ÉDITORIAL / Les allégations d'ingérence politique lancées la semaine dernière par le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, doivent être corroborées, ou bien réfutées. Rapidement. Il n'est ni normal ni sain que des affirmations aussi graves restent ainsi en suspens et minent la confiance envers le système judiciaire.

À quelle enquête fait-il allusion au juste? Comment se fait-il qu'un dossier aussi chaud n'ait laissé aucune trace au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP)? 

M. Francoeur doit assumer sa part du fardeau de la preuve, puisque c'est lui qui met en doute l'impartialité du DPCP. Tant qu'il ne l'a pas fait, on peut autant s'interroger sur ses propres motivations que sur l'indépendance du processus judiciaire. 

À moins de fournir des éléments de preuve, c'est lui qui devrait être sous les projecteurs, plutôt que la directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Annick Murphy. 

C'est à l'automne 2012, selon ses dires, que «des intervenants qui ont touché à ce dossier» l'auraient contacté. Ça ne s'est pas fait directement, mais «par personne interposée», afin d'obtenir son aide. Première question : qu'a-t-il fait à ce moment?

Et pourquoi avoir attendu tout ce temps avant de sonner l'alarme publiquement? Peut-on séparer ce dossier du litige qui oppose le gouvernement aux policiers à propos de leur fonds de retraite, et que le président de la Fraternité abordait pendant la même entrevue? 

Il faudrait peut-être commencer par avoir réponse à ces questions avant de soulever des doutes sur l'impartialité du DPCP. L'opposition fait son travail en cherchant à aller au fond des choses, mais il faut faire attention à ne pas créer l'impression, dans l'esprit des Québécois, que des allégations non démontrées sont la confirmation d'un dysfonctionnement de l'institution.

Chaque parti veut marquer des points, mais c'est une arme à double tranchant lorsque les institutions démocratiques sont discréditées, parce qu'en bout de ligne, ce sont tous les élus qui en paient le prix. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée a tout à fait raison de le rappeler aux membres de l'Assemblée nationale. 

La directrice des poursuites criminelles et pénales était tout aussi justifiée de demander qu'une enquête soit faite sur les allégations de M. Francoeur. Elle a le devoir de maintenir la confiance du public envers son service, et compte tenu de la situation, il n'y avait guère d'autre solution qui s'offrait à elle. Elle devait agir rapidement. 

La Sûreté du Québec va par ailleurs s'assurer la collaboration des services de police de la Ville de Québec et de la Ville de Montréal également, ce qui constitue un gage supplémentaire d'impartialité. 

Il ne s'agit par ailleurs pas d'un «revirement» non plus. Le DPCP n'est pas le ministère de la Justice, et jusqu'à preuve du contraire, il prend ses décisions de manière indépendante face au politique, ce qui est au coeur du débat en cours. 

L'enquête de la Sûreté du Québec ne devra pas s'étendre trop longtemps. Le silence et le vide, une fois qu'un tel doute a été soulevé, causent beaucoup plus de tort que le bruit. 

Une fois qu'on aura vidé cette question, on pourra discuter de la nomination des dirigeants de la SQ, de l'UPAC et du DPCP, comme le souhaite François Legault. Mais pas avant.




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